Sucre, une ville chargée d’histoire

Sucre, une ville chargée d’histoire

SUCRE est située sur les hauts plateaux du  sud de la Bolivie (2810m.), C’est la capitale constitutionnelle du pays, La Paz en étant la capitale administrative (siège du gouvernement). Sucre abrite le siège de la cour suprême du pays.

Fondée en 1539 par les espagnols, elle recouvre son indépendance en 1825 avec la libération du pays. Elle doit son nom actuel au libérateur de la Bolivie Antonio Jose de Sucre,  après s’être appelée Chuquisaca, Charcas et La Plata

 

DES LIEUX A VOIR

En se promenant dans la ville, au gré des inspirations du moment, le charme opère très vite. Imposantes demeures bourgeoises d’une  blancheur immaculée, parcs ombragés, églises, monastères, couvents, ruelles, marché animé …tout invite à la flânerie et à l’immersion dans un passé fortement marqué par la colonisation espagnole et les luttes pour l’indépendance.

 

La casa de la libertad

Franchi le portail de l’édifice, on arrive dans un patio rectangulaire typiquement colonial, au milieu duquel se trouve une grande fontaine en pierre. Les salles à visiter sont distribuées autour de cette cour dont celle célèbre où fut signer le 6août 1825, la déclaration d’indépendance de la Bolivie.

La casa de la libertad est un ancien monastère jésuite construit à partir de 1612. D’abord converti en annexe de l’université, elle abritera de 1825 à 1898  le siège du parlement. C’est dans la chapelle du bâtiment que siègeront les parlementaires et que se réunira en 1825 l’assemblée qui proclama l’indépendance de la Bolivie.

Le texte de la déclaration de l’indépendance de la Bolivie se trouve dans cette ancienne chapelle, juste devant les tableaux représentant les principaux leader de l’indépendance de  la Bolivie

JUANA AZURDHUY DE PADILLA

D’origine espagnole et indigène Juana Azurduy de Padilla est née le 12 juillet 1780. Révolutionnaire, très active dans la guérilla contre les espagnols dans la région du Haut Pérou (aujourd’hui la Bolivie), elle est amenée à commander une armée de 6000 hommes. Bolivar reconnaîtra son héroïsme. Elle meurt dans l’oubli et le dénuement le 25 mai 1862 à Chuquisaca,(Sucre)  et on  l’enterre sans honneur dans une fosse commune. Ce n’est qu’un siècle plus tard que ses restes seront exhumés pour être conservés dans un mausolée à Sucre.

La Cathédrale de Sucre

Cette imposante cathédrale située aux abords immédiats de la place 25 de Mai construite à partir de 1559 sera achevée en 1712. De style renaissance, elle incorporera aux différentes étapes de sa construction, des éléments de style baroque et métisse.  La tour est ornée des statuettes de 12 apôtres et quatres saints patrons de Sucre. L’ horloge a été apportée de Londres en 1722. Dans une des chapelles de l’édifice on peut également admirer la Virgen de Guadalupe.

La Virgen de Guadalupe. Elle fait l’admiration des visiteurs tant sa parure de diamants , de pierres précieuses et de perles est éblouissante. C’est en 1784 qu’un joallier recouvra la virgen d’une plaque d’argent sur laquelle il fixa 12000 diamants et pierres précieuses. On dit que le prix qu’on pourrait retirer de cette parure suffirait à rembourser la dette de la Bolivie !

L’église de San Francisco

L’église San Francisco de Asis a été conçue en 1538 et sera achevée en 1581. On peut admirer à l’intérieur de magnifiques plafonds en style mudéjar typique de l’alcazar de Séville.

Cette église jouxte le superbe marché de Sucre

 

La Recoleta

En marchant le long de la rue Dalence qui part du centre-ville, après avoir gravi une longue pente et quelques escaliers, on arrive au bout d’une vingtaine de minutes de forte montée sur la Plaza de Anzurez où se trouve la Recoleta

Ce quartier de Sucre situé sur les hauteurs de la ville offre un magnifique panorama sur la campagne alentour et sur les montagnes andines.

La Recoleta est un couvent construit en 1601 par l’ordre des franciscains. Tour à tour couvent et musée, la Recoleta a également fait fonction de caserne et de prison. L’endroit se visite : il présente d’intéressants tableaux et sculptures datant du XVIème au XXème siècle et un arbre millénaire de plusieurs mètres de circonférence

Le parque Bolivar

Un peu à l’écart du centre historique, et juste en face de la Cour suprême se trouve le parc Bolivar. Une tour Eiffel miniature, en métal couleur orange y a été édifiée par la bourgeoisie locale avec l’argent des mines de Potosi.

Autres lieux, autres scènes de la vie quotidienne et quelques portaits faits à Sucre

 LA GALERIE

Nos coups de coeur

 La ville regorge d’endroits insolites, merveilleux que nous avons appréciés pour leur charme et leur originalité. Parmi ceux-ci

l’auberge Su Merced idéalement située près le la place centrale et de la cathédrale.

Le café Munay

Récemment ouvert, ce café bolivien à la décoration soignée est un endroit fort symapthique. Idéal après une journée de visite !

 

Sucre, une ville symbole, chargée d’histoire, un des lieux inspirés de Bolivie. Nom de l’indépendance et de la république, elle en retire le prestige et le rayonnement. A l’évidence, la ville a une âme et du  charme aussi, celui de ses rues, de ses parcs, de ses monuments. Les murs toujours peints de frais sont éclatants de blancheur. Tout ici porte à la sérénité et à cette sorte de dignité qu’exprime chaque visage. Un lieu incontournable, à visiter absolument.

 

 

Informations générales sur la bolivie

Informations générales sur la bolivie

INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LA BOLIVIE

    La Bolivie tient son nom du leader de l’indépendance du nord de l’Amérique Latine, Simon Bolivar. C’est lui qui en écrivit la constitution et qui en fut le premier président avant de cèder sa place à une autre grande figure de l’indépendance, Antonio Jose de Sucre. Depuis, 81 présidents, (si on compte l’actuelle présidente par intérim, Jeanine Anez),  se sont succédés à la tête de l’Etat. A l’heure où j’écris ces lignes, la Bolivie traverse une grave crise politique. C’est  aujourd’hui un pays fragilisé et déstabilisé par un coup d’Etat qui vient de destituer, celui qui depuis sa première élection en 2006 représentait le mieux les indigènes : EVO Morales. (Bien qu’il ne soit pas le premier chef d’État d’ascendance amérindienne du pays, il est le premier à s’affirmer en tant que tel et à déclarer écouter les revendications culturelles et sociales des populations indigènes. Les politiques qu’il met en œuvre se concrétisent par une réduction significative de la pauvreté, de l’analphabétisme et des inégalités). le début de la crise, les heurts très violents entre les partisans de E.Morales et les forces armées ont fait des dizaines de morts, des centaines de blessés.  Les faits : Le 14 novembre 2019, Evo Morales, ancien président de la république  pourtant réélu fin octobre est obligé de s’exiler au Mexique sous la pression de ses oppposants qui contestent sa réelection. Depuis sa démisssion et l’exil forcé de Moralès, la droite autoritaire reprend du service. Sous l’égide de l’Eglise, avec le soutien de Trump, Jeanine Anes, l’opposante de E.Morales, s’est en effet autoprocalmée présidente par interim. Les partisans de Morales tentent de s’opposer à ce processus. De nouvelles élections sont prévues en janvier, sans Morales, menacé d’être emprisonné s’il rentre dans son pays ! Il est actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt pour, selon l’actuelle justice bolivienne, sédition et terrorisme ! Depuis, le 12 décembre 2019, E. Morales a trouvé refuge en Argentine après un court séjour à Cuba.

Données géographiques

La Bolivie est un pays enclavé, sans accès à la mer. Entourés par le Brésil, l’Argentine,  le Pérou, le Chili, et le Paraguay, sa géographie est variée ; elle comprend la cordillère des Andes, le désert d’Atacama, et la forêt tropicale du bassin amazonien, autant de régions ayant leurs propres particularités culturelles, agronomiques et économiques.

Superficie : 1 098 580 km2
Capitale (s) :

  • La Paz (3 640 m. d’altitude ; 850 000 habitants et 1,8 M. avec El Alto) : capitale administrative (siège des pouvoirs exécutif et législatif) ;
  • Sucre (285 000 habitants) : capitale constitutionnelle.

Villes principales : Santa Cruz de la Sierra (1,6 M.), capitale économique ; Cochabamba (620 000) ; Oruro (215 000), Tarija (195 000), Potosí (150 000).
Langue (s) officielle (s) : espagnol + 36 langues indigènes 
Fête nationale : 6 août (déclaration d’Indépendance, en 1825)

Données démographiques

 

Population (2019) : 11 523 705 habitants. 60% des boliviens sont d’origine Quechua. Ils font partie du peuple amérindien, celui qui a élu Evo Morales à la tête du pays en 2006.

D’autres ethnies comme les Aymaras originaires du lac Titicaca, les Yamaparas, les Guaranis …forment le tissu plurinational de la Bolivie.
Densité : 10,49 habitants./km2
Croissance démographique (2016) : 1,2 %
Espérance de vie (2017) : 72,47 ans

 

Taux de natalité : 22,34 pour mille (2017) 
Taux d’alphabétisation (2015) : 99 %
Religion (s) : catholicisme (95 %) 

 

 

Données économiques

PIB (2017) : 37.6 Mds USD
PIB par habitant (2017) : 3 324 USD
Croissance (2018) : 4,7 % (+4.1 % de moyenne depuis 1996 avec un pic à +6.8 % en 2013)
Chômage (au sens du BIT) (2017) : 4.5 %
Inflation (2017) : 5 %
Principaux clients : Brésil, Argentine, Corée du Sud, États-Unis
Principaux fournisseurs : Chine, Brésil, Argentine, États-Unis
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017 CEPAL) : services : 22 %;  secteur agricole 13%; industrie manufacturière 12 % ; secteur minier 12 %; transport et communications 10 %

Part des principaux produits exportés (2017) : hydrocarbures : 33 %; minéraux : 28 %; industrie manufacturière : 32 %; agriculture, élevage, pêche : 4 %

Salaire moyen : 420 €

La Paz, une ville contrastée au coeur des Andes

La Paz, une ville contrastée au coeur des Andes

LA PAZ, capitale administrative de la Bolivie s’étage entre 3500m. et 4000 m. d’altitude. Elle se trouve dans un canyon creusé par le fleuve Choqueyapu.  Au-dessus de la ville, sur un immense plateau à plus de 4000m. d’altitude, El Alto, la ville nouvelle s’étend à perte de vue. Extension naturelle de La Paz. elle était la banlieue populaire de La Paz. Depuis 1985, c’est une ville à part entière: la troisième ville la plus peuplée du pays. C’est là que se trouvent entre autres, l’aéroport, l’université et qu’a lieu, tous les jeudis un  marché très coloré.

De La Paz, une route pentue à flan de montagne mène à El Alto. On peut également y accèder par le réseau des téléphériques urbains. Du centre de la ville c’est un magnifique téléphérique rouge qui monte à El Alto

En toile de fond de ce décor urbain les montagnes de l’Alti Plano forment un surplomb majestueux duquel se découpe le sommet enneigé du Nevado Illimani, (6 438 m.)

 

A LA DÉCOUVERTE DE LA PAZ

Nous sommes arrivés vers 15 h. à La Paz. Nous venions de Puno (Pérou) et de la région du lac Titicaca. Après avoir traversé El Alto, nous descendions maintenant sur la capitale. Le bus s’est arrêté au terminus, à quelques pas du quartier historique et de la cathédrale. L’agitation était palpable: des gens déambulaient dans tous les sens, les voitures filaient dans la pente. La première impression n’était pas forcément très bonne. Dans cette ville où l’urbanisme semble n’obéir à aucun plan, où s’agrègent sur le flan des montagnes des masures de briques rouges, l’oeil se heurte d’abord à une géographie éclatée. Les repères semblent fuir dans le dédale des rues pentues de la ville. Petit à petit, cependant, confrontés à un urbanisme au premier abord un peu déroutant, notre perception va changer. En voyage, dans des lieux nouveaux, le regard finit toujours par s’ouvrir jusqu’à se délecter, ici à La Paz, du spectacle coloré de la rue et des montagnes alentour.

CHULLAUMA, UN QUARTIER POPULAIRE DE LA PAZ :  LA COULEUR DE L’ESPOIR:

l’engagement d’une militante féministe Tomasa Gutierrez, leader à La Paz de « la révolution des couleurs » va profondément transformer la vie des habitants de Chullauma, un quartier pauvre de La Paz.
Tomasa et d’autres femmes de ce quartier, accompagnées par un artiste local entreprennent, il ya quelques années, ce projet un peu fou : peindre les 17000 m2 de façades, de portes, de stands, d’escaliers du quartier et faire réaliser 19 peintures murales réparties dans les petites rues. L’objectif : redonner de l’espoir aux gens et sensibiliser les pouvoirs publics aux mauvaises conditions de vie de ces habitants. Il n’y a pas si longtemps, ici, il n’y avait pas d’électricité, pas d’égoûts et les gens se débrouillaient comme ils pouvaient. C’est à la suite de ce mouvement artistico-politique, qu’un programme gouvernemental d’aide à l’amélioration de l’habitat est mis en place et que des fonds nationaux apportent leur soutien financier au projet. 350 familles bénéficieront de ces aides.
Au-delà d’une simple opération de ravalement d’un quartier, c’est une autre qualité de vie qui devient possible.

Au fond, ce barrio est une belle leçon d’histoire sociale. Au milieu des milliers de maisons en brique rouge, en pisé et en béton, inachevées pour la plupart, Chua Uma est devenu le parfait exemple de la façon dont un collectif motivé, peut devenir, grâce à sa détermination, le moteur d’une révolution locale authentique, capable d’autogérer la solution à ses besoins. A l’occasion de différents interviews, Tomasa Gutierrez a tenu a précisé que ce mouvement était porté par les femmes du quartier, car selon elle, ce sont ces femmes qui connaissent le mieux les besoins des habitants ; elles y vivent à temps plein alors que les hommes partent tôt le matin pour aller travailler et reviennent souvent tard le soir.

L’explosion des couleurs devait entraîner une explosion sociale, à l’échelle d’une ville. Elle n’a pas eu lieu. Pour autant, cette expérience intéresse aujourd’hui des urbanistes, des décideurs et aussi des psychologues !
J’ai été très sensible en effet de lire cette information apposée en différents lieux du quartier, concernant une enquête/participation réalisée par des étudiants de psychologie de La Paz. Elle montre, s’il en était encore besoin, que la psychologie d’intervention à laquelle je suis très sensible, peut effectivement intégrer dans son exercice une orientation fondamentalement sociale associée, ici, aux conditions de vie des habitants de Chullauma.

LE MARCHÉ DES SORCIÈRES

Des herbes, des poudres, des lotions et des remèdes de toute sorte, bref au marché des sorcières de la Paz (en espagnol, el Mercado de las brujas), il y a tous les ingrédients qui selon les Aymaras guérissent, viennent à bout d’une inquiétude, permettent de réaliser les vœux les plus fous….Si vous voulez trouver l’amour, gagner plus d’argent, guérir d’une maladie, … c’est ici qu’il faut venir, vous devriez trouver votre bonheur ! En flânant au gré des échoppes, j’ai été intrigué par des foetus de lama séché. Macabres pour certains, sacrés pour d’autres, ils sont utilisés selon un rituel Aymara très précis: quand une maison est construite, il est de coutume d’enterrer un foetus de lama sous la première pierre en guise d’offrande à Pachamama (la déesse de la terre), afin qu’elle porte chance. Bref des croyances encore très vivantes sur un marché très coloré.

L’HORLOGE DU PARLEMENT

Une curiosité :  l’horloge du Parlement.

Regardez bien les chiffres de l’horloge suspendue au mur du parlement: ils sont à l’envers de tous ceux qui figurent sur les horloges du monde ! A contre-sens en quelque sorte. Selon le Bolivien avec lequel je discutais, Evo Morales, lorsqu’il était président aurait voulu montrer par cet acte qu’on pouvait développer des fonctionnements et des pratiques inverses de celles « délétères » imposées par le Nord aux états du Sud ; une façon symbolique pour Morales de redonner une identité au peuple bolivien.

LA VALLEE DE LA LUNE

Il existe à la Paz un endroit étonnant tout près du centre ville, loin du bruit. Un lieu sculpté  des siècles durant par les éléments naturels. L’ensemble ressemble à un désert de stalagmites. Étonnant … !

 

Le salar d’Uyuni et le sud Lipez

Le salar d’Uyuni et le sud Lipez

LE SALAR D’UYUNI ET LE SUD LIPEZ: AU-DELÀ DE L’IMAGE.

  Peut-on se faire une idée de la Bolivie sans faire l’expérience des grandes étendues désertiques du sud du pays : le salar d’Uyuni et le sud Lipez ? Dans les Andes, au sud-ouest de la Bolivie, pas loin du nord du Chili, dès qu’on sort de la petite ville d’Uyuni, c’est un immense désert de sel qui s’offre au regard ébloui. C’est la plus grande étendue de sel du monde. Ce paysage désertique plus grand que le département de la Gironde (11000 km2), se déploye entre 3200 et 3700 m. d’altitude. Sa surface plate est composé de sel d’un blanc éclatant, parsemé ici ou là de formations rocheuses et d’îles sur lesquelles poussent des cactus millénaires atteignant parfois plusieurs mètres de haut. Il est né suite à l’assèchement d’un lac préhistorique et sa croûte varie selon les endroits de 2 à 120m. d’épaisseur.

Il représente la moitié des ressources en lithium de la planète.

Ici le dépaysement est garanti, et le spectacle de ces lieux est tout à la fois étrange et sublime, comme il le sera à l’approche du Chili, dans le sud Lipez.

 

3 JOURS ET 2 NUITS DANS LE SALAR D’UYUNI ET LE SUD LIPEZ

De Uyuni à la frontière chilienne, nous en rêvions : le salar d’Uyuni, le plus grand désert salé du monde, le sud  Lipez, avec ses lacs, ses volcans, ses flamands roses et ses lagunes à 4500- 5000m. d’altitude et au final la descente sur le désert d’Atacama. Uyuni ne paye pas de mine. La ville fondée en 1890 a d’abord été une bourgade commerciale et un grand carrefour ferroviaire avec des lignes de chemin fer et des trains qui acheminaient le minerai de Potosi vers le Chili. Aujourd’hui, Uyuni, c’est le point de départ des circuits dans le désert. Des dizaines d’agences plus ou moins sérieuses proposent leur service et pour cause, il est très difficile et presqu’impossible de traverser par ses propres moyens les déserts du sud bolivien. Et pourtant, nous avons rencontré des routards en vélo qui avaient décidé de tenter l’aventure. Mais ils sont rares !  Nous nous sommes donc dirigés vers les agences locales et après consultation des sites de voyage et quelques échanges avec d’autres voyageurs, notre choix s’est porté sur une agence remarquable. Fabia, sa représentante y parle un français impeccable. Et surtout elle est de très bon conseil. Très professionnelle, à l’écoute de nos projets, elle nous a proposé un circuit qui nous amène en 3 jours à la frontière chilienne.  Nous venions de La Paz, et n’étions pas passés par Sucre. Or d’après elle, la ville était à voir, absolument ! ce que nous avons fait. Nous sommes donc retournés sur Sucre  avant la traversée du désert. Elle nous donnera des adresses, des informations… s’occupera de réserver notre hôtel.. Une vraie pro !

De retour de Sucre, juste avant de partir pour le Chili, elle prendra le temps de nous présenter en détail notre circuit. Et le prix ? pas plus cher et même moins cher que certaines agences sur place. Nous sommes donc partis un matin d’octobre ensoleillé direction le Chili avec un couple de français qui comme nous allait au Chili pour rejoindre la Terre de feu, et deux brésiliens qui eux retournaient à Uyuni et donc faisaient la boucle complète. Un groupe de 6 personnes et le chauffeur: un virtuose du 4×4 doté d’un sens aigü du désert et toujours disponible. 

 

 

le 1er jour : le salar d’Uyuni

Le cimetière de trains

Des carcasses de métal rouillé au milieu de nulle part : ambiance surréaliste ! Quand je suis arrivé dans ce décor hors du temps j’ai été saisi par ces dizaines de trains à l’abandon qui jonchent le salar à la sortie de la petite ville de Uyuni. Petit retourt en arrière: au début du XXème siècle, la région disposait d’un noeud ferroviaire important. Là, passaient les trains qui assuraient le transport du minerai vers le Chili tout proche. Le déclin de l’extraction du minerai et la crise politique avec le Chili ont eu raison du trafic ferroviaire. Les trains entiers se sont figés sur place sous le soleil. Balayés par des vents chargés du sel du salar d’Uyuni, ils rouillent. On les photographie…

 

Colchani, un petit village qui vit de l’exploitation et de la vente du sel

En chemin…

Le salar c’est une immensité blanche à perte de vue. Comme le font la plupart des voyageurs on a joué avec la perspective qu’offre ici le désert de sel  pour faire ces photos “folles”. On les appelle ici “fotos locas “

La Isla Incahuasi

Après avoir roulé un long moment dans le désert de sel, on arrive sur l’île Incahuasi. Une île en forme de bosse où poussent des cactus dont certains, millénaires, font 12 m.de haut. Monter au sommet de l’île permet d’avoir une vue à 360° du salar d’Uyuni. Grandiose !

LE SUD LIPEZ, LES LAGUNES COLORÉES ET LES HAUTS-PLATEAUX

2ème jour, le sud Lipez

3ème jour, du sud Lipez à la frontière chili. 

Depuis notre départ d’Uyuni, nous traversons des sites exceptionnels, sans doute parmi les plus beaux de Bolivie. Pas de villages, pas d’habitations, seules quelques rares gîtes d’étape. Ici, le site est resté sauvage et vierge (pour l’instant !). Dans les déserts d’altitude du Sud Lipez les températures, surtout la nuit, sont très froides. Lors de notre dernière étape à 4500 m d’altitude, par une nuit étoilée et de pleine lune, il faisait – 15 °. Et pourtant en-dessous de la croute terrestre, de l’eau bouillante frémit que recrachent sous forme de vapeur blanche de bruyants geysers. 

 

Bientôt le Chili…

Cette petite bicoque c’est la douane bolivienne avec le Chili (4200m. d’altitude). Située au milieu de nulle part, en plein désert, elle est le passage obligé pour plonger 2000 m. plus bas sur San Pedro de Atacama (Chili). Notre chauffeur nous a déposé ici avec le couple de français avant de repartir à Uyuni avec les deux amis brésiliens. Un car nous attendait du côté chilien…..

Les amis brésiliens et français avec lesquels nous avons effectués cette somptueuse traversée, une formidable équipé et Wilson notre sympathique chauffeur sans lequel ce circuit n’aurait pas été possible.