LA PAZ, capitale administrative de la Bolivie s’étage entre 3500m. et 4000 m. d’altitude. Elle se trouve dans un canyon creusé par le fleuve Choqueyapu.  Au-dessus de la ville, sur un immense plateau à plus de 4000m. d’altitude, El Alto, la ville nouvelle s’étend à perte de vue. Extension naturelle de La Paz. elle était la banlieue populaire de La Paz. Depuis 1985, c’est une ville à part entière: la troisième ville la plus peuplée du pays. C’est là que se trouvent entre autres, l’aéroport, l’université et qu’a lieu, tous les jeudis un  marché très coloré.

De La Paz, une route pentue à flan de montagne mène à El Alto. On peut également y accèder par le réseau des téléphériques urbains. Du centre de la ville c’est un magnifique téléphérique rouge qui monte à El Alto

En toile de fond de ce décor urbain les montagnes de l’Alti Plano forment un surplomb majestueux duquel se découpe le sommet enneigé du Nevado Illimani, (6 438 m.)

 

A LA DÉCOUVERTE DE LA PAZ

Nous sommes arrivés vers 15 h. à La Paz. Nous venions de Puno (Pérou) et de la région du lac Titicaca. Après avoir traversé El Alto, nous descendions maintenant sur la capitale. Le bus s’est arrêté au terminus, à quelques pas du quartier historique et de la cathédrale. L’agitation était palpable: des gens déambulaient dans tous les sens, les voitures filaient dans la pente. La première impression n’était pas forcément très bonne. Dans cette ville où l’urbanisme semble n’obéir à aucun plan, où s’agrègent sur le flan des montagnes des masures de briques rouges, l’oeil se heurte d’abord à une géographie éclatée. Les repères semblent fuir dans le dédale des rues pentues de la ville. Petit à petit, cependant, confrontés à un urbanisme au premier abord un peu déroutant, notre perception va changer. En voyage, dans des lieux nouveaux, le regard finit toujours par s’ouvrir jusqu’à se délecter, ici à La Paz, du spectacle coloré de la rue et des montagnes alentour.

CHULLAUMA, UN QUARTIER POPULAIRE DE LA PAZ :  LA COULEUR DE L’ESPOIR:

l’engagement d’une militante féministe Tomasa Gutierrez, leader à La Paz de « la révolution des couleurs » va profondément transformer la vie des habitants de Chullauma, un quartier pauvre de La Paz.
Tomasa et d’autres femmes de ce quartier, accompagnées par un artiste local entreprennent, il ya quelques années, ce projet un peu fou : peindre les 17000 m2 de façades, de portes, de stands, d’escaliers du quartier et faire réaliser 19 peintures murales réparties dans les petites rues. L’objectif : redonner de l’espoir aux gens et sensibiliser les pouvoirs publics aux mauvaises conditions de vie de ces habitants. Il n’y a pas si longtemps, ici, il n’y avait pas d’électricité, pas d’égoûts et les gens se débrouillaient comme ils pouvaient. C’est à la suite de ce mouvement artistico-politique, qu’un programme gouvernemental d’aide à l’amélioration de l’habitat est mis en place et que des fonds nationaux apportent leur soutien financier au projet. 350 familles bénéficieront de ces aides.
Au-delà d’une simple opération de ravalement d’un quartier, c’est une autre qualité de vie qui devient possible.

Au fond, ce barrio est une belle leçon d’histoire sociale. Au milieu des milliers de maisons en brique rouge, en pisé et en béton, inachevées pour la plupart, Chua Uma est devenu le parfait exemple de la façon dont un collectif motivé, peut devenir, grâce à sa détermination, le moteur d’une révolution locale authentique, capable d’autogérer la solution à ses besoins. A l’occasion de différents interviews, Tomasa Gutierrez a tenu a précisé que ce mouvement était porté par les femmes du quartier, car selon elle, ce sont ces femmes qui connaissent le mieux les besoins des habitants ; elles y vivent à temps plein alors que les hommes partent tôt le matin pour aller travailler et reviennent souvent tard le soir.

L’explosion des couleurs devait entraîner une explosion sociale, à l’échelle d’une ville. Elle n’a pas eu lieu. Pour autant, cette expérience intéresse aujourd’hui des urbanistes, des décideurs et aussi des psychologues !
J’ai été très sensible en effet de lire cette information apposée en différents lieux du quartier, concernant une enquête/participation réalisée par des étudiants de psychologie de La Paz. Elle montre, s’il en était encore besoin, que la psychologie d’intervention à laquelle je suis très sensible, peut effectivement intégrer dans son exercice une orientation fondamentalement sociale associée, ici, aux conditions de vie des habitants de Chullauma.

LE MARCHÉ DES SORCIÈRES

Des herbes, des poudres, des lotions et des remèdes de toute sorte, bref au marché des sorcières de la Paz (en espagnol, el Mercado de las brujas), il y a tous les ingrédients qui selon les Aymaras guérissent, viennent à bout d’une inquiétude, permettent de réaliser les vœux les plus fous….Si vous voulez trouver l’amour, gagner plus d’argent, guérir d’une maladie, … c’est ici qu’il faut venir, vous devriez trouver votre bonheur ! En flânant au gré des échoppes, j’ai été intrigué par des foetus de lama séché. Macabres pour certains, sacrés pour d’autres, ils sont utilisés selon un rituel Aymara très précis: quand une maison est construite, il est de coutume d’enterrer un foetus de lama sous la première pierre en guise d’offrande à Pachamama (la déesse de la terre), afin qu’elle porte chance. Bref des croyances encore très vivantes sur un marché très coloré.

L’HORLOGE DU PARLEMENT

Une curiosité :  l’horloge du Parlement.

Regardez bien les chiffres de l’horloge suspendue au mur du parlement: ils sont à l’envers de tous ceux qui figurent sur les horloges du monde ! A contre-sens en quelque sorte. Selon le Bolivien avec lequel je discutais, Evo Morales, lorsqu’il était président aurait voulu montrer par cet acte qu’on pouvait développer des fonctionnements et des pratiques inverses de celles « délétères » imposées par le Nord aux états du Sud ; une façon symbolique pour Morales de redonner une identité au peuple bolivien.

LA VALLEE DE LA LUNE

Il existe à la Paz un endroit étonnant tout près du centre ville, loin du bruit. Un lieu sculpté  des siècles durant par les éléments naturels. L’ensemble ressemble à un désert de stalagmites. Étonnant … !