la plage de Yoff au Sénégal

Le Sénégal, le pays de la Téranga

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Une mosaïque de situations, d’individus….

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Quand on arrive au Sénégal on est aussitôt embarqué dans un flot d’humanité fait de rires,  de fulgurances verbales et de bonne humeur. L’accueil, l’hospitalité, l’entraide sont des valeurs très ancrées dans la culture sénégalaise. Un terme désigne cet état d’esprit: la Téranga. En wolof, cela veut dire hospitalité.  La générosité et l’enthousiasme “officiels” que les sénégalais réservent aux touristes (les toubabs) méritent cependant d’être nuancés !

Au fond, il y a deux façons d’appréhender ce pays de l’ouest africain de 15.800.000 habitants. 

La première consiste à le décrire et à en parler dans les termes positifs de l’éloge et de l’émerveillement : c’est typiquement la démarche “touristique” classique avec ce qu’elle contient de belles images, de rencontres fabuleuses, qu’on s’empresse dès son retour en France de transmettre à ses amis…. Cette vision romantique bien souvent forgée dans le cocon sécurisé et rassurant d’un voyage touristique acheté auprès d’un tour-opérateur est parfois un peu naïve ou quelque peu éloignée de la réalité.

Une deuxième façon d’aborder le pays consiste à rechercher, selon une démarche plus paradoxale, la “vérité” et la complexité du Sénégal dans sa confrontation à la modernité, à  la mondialisation et dans sa difficulté à  s’affranchir d’une histoire coloniale faite de drames, d’atrocités et d’humiliations…. J’ai été frappé dans les discussions avec les sénégalais  par cette sorte de  “ressassement mémoriel” et victimaire qui parfois les animait.  Cette mémoire du malheur est encore très vive dans la représentation collective locale. Tout se passe un peu comme si le Sénégal ne pouvait (ne voulait ?) ou n’arrivait pas à tourner la page des heures sombres du colonialisme ou qu’il en était empêché.  Du coup, les rapports entre les “toubabs” et les sénégalais restent entâchés de ces réferences “colonialistes” et rendent parfois difficiles une relation “équilibrée”, débarassée des polémiques de l’Histoire.  Vouloir découvrir le Sénégal, en comprendre l’évolution et la complexité exige qu’on ait conscience de cela tout en cherchant à ne pas réduire les relations sociales à ces repères négatifs. Sous la plume de Ousmane Sembene et d’autres on peut lire les dénonciations véhémentes du colonialisme et il faut les avoir en tête pour mieux comprendre la nature parfois biaisée d’une  relation basée sur une dette anachronique dont nous serions encore aujourd’hui redevables. Il me semble qu’une relation  “vraie” devient possible à partir de la conscience de cette histoire et de ce que nous représentons. Ainsi va la Téranga : entre hospitalité et ressentiment  entre bienveillance et intéressement.  Cela dit,  l’accueil, l’hospitalité restent des valeurs fortes au Sénégal. Si dans les villes comme Dakar, ces valeurs paraissent s’estomper quelque peu, dans les villages que j’ai traversés, cette hospitalité légendaire ne s’est jamais démentie. Inscrite dans la tradition africaine, pratiquée avec générosité, l’hospitalité y est la marque d’une culture du vivre-ensemble et de la solidarité qui donne à l’étranger le sentiment d’être parfaitement et “gratuitement” acceuilli en dépit de l’intérêt “matériel” qu’il représente parfois et de son statut d’occidental malheureusement “plombé” par le poids d’une histoire bien présente dans la mémoire collective.

marché aux poissons de Yoff

J’ai eu l’occasion d’aller au Sénégal à plusieurs reprises et à des moments différents; une première fois à la fin des années 70, une deuxième fois au début des années 2000 puis en 2016 et en 2017. Ce pays de l’Ouest africain mérite qu’on le découvre et le redécouvre encore. Terre de contrastes, lieu d’une vitalité bouillonnante, il faut le regarder droit dans les yeux, sentir ses humeurs, arpenter les ruelles de ses villes, de ses villages, fouler ses régions sompteuses… Aujourd’hui, alors que le Sénégal, dispose de nombreuses ressources, qu’il peut compter sur une jeunesse de mieux en mieux formée et diplômée, une question se pose cependant : comment avec autant d’atouts ne pas réussir à juguler cette vie de misère et de galère que connaissent nombre de sénégalais.

 

 

 

 

marché à Dakar

Une des caractéristiques du Sénégal, c’est sa jeunesse. Plus de ¾ de ses habitants ont plus de 35 ans, et les moins de 20 ans représentent 55% de la population. (Les plus de 60 ans ne représentent qu’environ 6% de la population).

Si la démographie écrasante de la jeunesse sénégalaise est un atout incontestable, son fort taux de chômage est  un problème majeur. On peut également mentionner le désarroi culturel et identitaire de nombreux jeunes qui, sous l’influence massive des réseaux sociaux, d’internet et de la téléréalité recyclent leur âme et leur destin dans l’imaginaire leurrant des espaces virtuels et des fictions télévisuelles. Ballotés entre stratégie de survie, débrouille, résignation et espoir d’une vie meilleure, les jeunes sont particulièrement fragilisés par un chômage endémique en dépit des diplômes qu’ils sont de plus en plus nombreux à obtenir.

Le Village de Ngor, à la périphérie de Dakar

La Mosquée de Ngor

local de l’association lilloise  à Ngor

A 10 km du centre de Dakar, dans une petite baie au bord de l’océan se trouve Ngor. Comme Yoff, Soumbédioune situés à quelques kilomètres de là, Ngor est un village « lébou » formé de petites ruelles de sable qu’arpentent entre des murs de parpaings recouverts de peinture blanche et ocre quelques chèvres et quelques moutons. Ici, il n’y a pas de voiture, pas de route, pas d’asphalte, pas de touriste. Non, juste de quoi se croiser à pied entre 2 rangées de murs. Un village, un peu à l’écart de la plage et du bruit, où vivent encore, au rythme paisible des occupations quotidiennes, ses habitants. On peut tranquillement déambuler dans ses venelles et se laisser surprendre par les jeux des enfants qui courent entre les maisons.

Lorsque l’on quitte la commune pour rejoindre la route de l’aéroport on traverse une  place bordée d’hôtels, de restaurants et d’immeubles en construction. L’ambiance est beaucoup moins sereine. Le week end, des centaines de personnes, de jeunes affluent  ici pour rejoindre la plage toute proche.

la maison de l'enfance de Ngor

Ngor, c’est le “territoire” des Lébous, une ethnie minoritaire aujourd’hui bousculée dans ses traditions et ses coutumes par les assauts répétés de la modernité technologique et culturelle. Les lébous constituent l’une des dernières communautés traditionnelles  de la région du Cap Vert puisqu’ils arrivent encore, semble-t-il, à conserver leur originalité culturelle ainsi que leurs modes d’organisation sociale. Comme me l’expliqueront les habitants du village que je rencontrerai, l‘organisation sociale repose sur des structures traditionnelles ou pôles d’autorité, il s’agit principalement du conseil des anciens ou Mag gi Dekk, de celui des notables et de celui des jeunes (Ndaw Òï ou Freys). Le conseil des notables constitue cependant l’organe central de cette organisation dans le sens où il a compétence pour trancher sur toutes les questions qui peuvent de près ou de loin toucher la communauté. Composé du chef de village, de l’imam et des conseillers du chef de village ou Jàmburs (choisis parmi les membres du conseil des anciens), le conseil des notables a en effet, pour vocation de réfléchir et de se prononcer sur l’ensemble des questions touchant de prés ou de loin la communauté villageoise.

ancine de Ngor

Les Freys, investis de missions de police, veillent à l’application des recommandations et décisions du conseil des notables. Aujourd’hui, cette communauté de pêcheurs s’accroche comme elle peut à ses traditions fondées sur l’entraide et la coopération et tente de préserver son mode de fonctionnement social. Les lébous de Ngor sont aujourd’hui aux prises avec un afflux massif de touristes et de résidents qui ne partagent guère leurs coutumes. De plus, la ville de Dakar grignote petit à petit leur terrain pour y construire des buildings et autres immeubles dédiés au tourisme et aux habitations résidentielles. La vie sociale en est évidemment profondément affectée !

L’Île de Gorée

L'ile de Gorée

Au large des côtes du Sénégal, en face de Dakar, Gorée est une des 19 communes de la capitale. Du XVe au XIXe siècle, cet endroit a été le plus grand centre de commerce d’esclaves de la côte africaine. Tour à tour sous domination portugaise, néerlandaise, anglaise et française, son architecture est caractérisée par le contraste entre les sombres quartiers des esclaves et les élégantes maisons des marchands d’esclaves. L’île de Gorée reste encore aujourd’hui un symbole de l’exploitation humaine et un sanctuaire pour la réconciliation.

statue des esclaves à Gorée
statue de deux esclaves libérés

La statue de deux sculpteurs et frères guadeloupéens offerte au maire de Gorée représente deux esclaves libérés, s’enlaçant; des restes de chaînes brisées entravant encore les poignets de l’homme, les mains levées vers le ciel.

la maison des esclaves à Gorée
une rue de Gorée
Une place à Gorée
ruelle à Gorée

1er mai 2016 à Dakar

Ce premier mai à Dakar, j’ai assité à la célébration très colorée et bon enfant  de la fête du travail.

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Direction Ndande, au bord du Sahel

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