Valparaiso

Valparaiso

Ici, les chiliens disent Valpo pour désigner la ville bohème et colorée du Chili. Située sur la côte pacifique, elle a marqué l’imagination de nombreux marins du monde entier. C’est que pour arriver à Valparaiso et rejoindre plus au nord les villes portuaires de la côte pacifique, il fallait passer par le célèbre cap Horn. Après un long trajet, dans des conditions parfois périlleuses, le port de Valparaiso était le premier port où faire escale. On venait s’y reposer et faire la fête dans les nombreux bars du port. C’est l’âge d’or de la ville. A l’occasion de l’ouverture du canal de panama en 1914, le trafic maritime avec l’amérique latine ne passe plus obligatoirement par Valparaiso. La ville entame alorts son déclin, son affluence baisse. Ces dernières années, cependant, grâce à des choix économiques ambitieux, elle connait un regain d’activités. De nombreux quartiers sont réhabilités et magnifiés par de superbes fresques. Des immeubles sont restaurés et certaines collines (Cerros) deviennent des lieux particulièrement branchés et touristiques. Nous nous y sommes baladés avec bonheur.

EN DIRECT DE VALPO

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A Valparaiso, nous séjournerons dans ce décor anachronique fait de bric et de broc de l’hôtel Las Latas.

l’Hôtel Las Latas 

 De notre chambre nous pouvion monter dans cette tour en métal rouillé et admirer toute la baie de Valpo. Un spectacle unique !

Valparaiso : promenade dans la ville

Les valises à peine posées et on part à la découverte de la ville; c’est dans le quartier historique de Valpo, près du port, ou sur les collines branchées de Bellavista et de Conception que nous allons découvir l’âme de la ville.

 

Valparaiso, “le joyau du Pacifique” est une ville du Chili de 300 000 habitants, au bord du Pacifique.

LES FUNICULAIRES DE VALPARAISO

Les funiculaires de Valparaíso, appelés localement ascensores, sont une des particularités les plus célèbres et les plus pittoresques de la ville de Valparaíso, au Chili. Ils ont été déclarés « Monuments historiques » par le Conseil des Monuments nationaux du Chili.

Valparaíso s’est construite sur un grand nombre de collines (les cerros) encadrant une large baie. La déclivité importante existant entre ces différents secteurs résidentiels et la zone littorale basse (connue sous le nom de plan), où se concentre l’activité commerciale, administrative, industrielle et portuaire, constitue une gêne considérable pour les déplacements. Les funiculaires constituent un moyen de transport adapté à cette réalité géographique.

Le premier funiculaire de la ville, l’ascensor Concepción, date de 1883 et il fonctionnait alors à la vapeur. Aujourd’hui, Valparaíso compte quinze funiculaires. Cinq d’entre eux sont de propriété municipale, les autres appartenant à des entreprises privées.

 

LE STREET ART À VALPARAISO

A valparaiso, les murs sont des tableaux ! La plupart des façades servent de support à de superbes graffiti. Des tags simples aux fresques gigantesque en passant par des graffiti sophistiquées, on se balade dans la ville un peu comme dans une galerie d’art où le beau, le laid, l’inexpressif, se mêlent dans la même volonté d’exprimer, de communiquer.

Le Street Art est apparu à Valparaiso avec une idée d’engagement politique. Les tags et graffiti étaient porteurs de messages d’opposition à la dictature en place. De nos jours (et depuis les années 2000), ils sont le plus souvent uniquement esthétiques, forme d’expression artistique.

 

LA SEBASTIANA,  MAISON DE PABLO NERUDA 

En 1959, Pablo Neruda demande à ses amies Sara Vial et Marie Martner de lui trouver une petite maison pas trop chère, isolée mais pas trop, à Valparaíso, car il ressent ” la fatigue de Santiago “. On lui trouve finalement cette grande maison dans laquelle il séjournera  appréciant particulièrement de voir dans la baie, le feu d’artifice tiré à l’occasion de la nouvelle année.

La maison est construite sur 3 étages. Chaque étage dispose d’une pièce avec une immense véranda donnant sur le port et l’océan. La vue prise d’une pièce de la Sebastiana est magnifique.

  

la Sebastiana est aujourd’hui un musée géré par la fondation Neruda et ouverte au public. L’intérieur de la demeure a été conservée dans le même état que celui dans lequel le poète vivait avec son épouse.

LE BAR CINZANO

Le temps s’est arrêté dans ce bar « historique » du centre de Valparaiso oiuvert en 1896. Le charme désuet du décor et les affiches placardées un peu partour dans le bar rappellent qu’ici les marins se retrouvaient avant de terminer la nuit dans les clandés du port. Ici, en fin de semaine on joue du Tango, du boléro, et de la cueca dans une ambiance rétro. 

Santiago du Chili

Santiago du Chili

Pour de nombreuses personnes de ma génération, Santiago de Chile résonne de manière très précise :  la ville et au-delà le Chili évoquent le coup d’état militaire du 11 septembre 1973 qui mettait fin à la présidence socialiste d’Allende (1970-1973).

Symbole de ce coup d’Etat : le bombardement du palais présidentiel ordonné par Pinochet et la mort de Salavador Allende.

Pendant 16 ans, le Chili va  s’enfonçer dans une des séquences les plus noires de son histoire. (Plus de 3 200 morts et disparus, autour de 38 000 personnes torturées, plusieurs centaines de milliers d’exilés…). Inspiré par ceux qu’on appelle les “chicago boys”, les adeptes d’un néo-libéralisme dur, Pinochet développera une économie fondée sur les privatisations et le démantèlement des services publics. Pinochet est également à l’origine de la constitution chilienne adoptée en 1980, toujours en vigueur aujourd’hui. Si cette constitution a été pour partie débarrassée de ses “enclaves” les plus autoritaires, il reste qu’elle acte toujours un modèle de développement socio-économique à l’origine de profondes inégalités dans l’accès à la santé, à l’école…et contre lesquelles le peuple chilien est aujourd’hui mobilisé. 

 

C’est dans ce palais inauguré en 1805, bombardé en 1973 et restauré en 1981 que Salavador Allende s’est suicidé. Siège de la présidence du Chili, il est également aujourd’hui celui de trois ministères : Intérieur, Secrétariat général de la Présidence et Secrétariat général du gouvernement.

A propos de cette période sombre de l’histoire du Chili je vous propose ces deux références d’article :

le premier analyse l’influence de ceux qu’on appelait les chicago boy’s dans le tournant ultra liberal et toujours d’actualité du Chili.

le deuxième de la revue “la Vie” retrace les évènements de 1973 et les 16 années de dictature qui suivirent.

 

Sur les murs de Santiago de Chile

“Ah ! si seulement avec une goutte de poésie ou d’amour nous pouvions apaiser la haine du monde “  Pablo Neruda

Pablo Neruda, est un poète, écrivain, diplomate, homme politique et penseur chilien, né le 12 juillet 1904 à Parral, mort le 23 septembre 1973 à Santiago du Chili, quelques jours après le coup d’Etat de Pinochet

LA CHASCONA

C’est dans cette maison, dans le quartier de Bellavista que se trouve une des 3 maisons de  Pablo Néruda.

De retour de Valparaiso, partout dans la ville, des gens s’étaient rassemblés pour protester contre la vie chère. Les “cacerolazos”, les concerts de casseroles comme on les appelle ont été une expression du mécontentement en Argentine entre 2001 et 2002, en Espagne en 2011 et 2012 par les « indignés » contre l’austérité, comme en Islande contre les institutions financières pendant la crise de 2009. Pour en savoir plus si l’histoire de ce mode d’expression révolutionnaire à travers le monde clique ICI. 

San Pedro d’Atacama et le désert d’Atacama

San Pedro d’Atacama et le désert d’Atacama

Des maisons basses en adobe (matériau de construction en terre séchée mélangé à de la matière organique), quelques rues en terre, une jolie petite place animée avec ses bars/restaurants, son Eglise : l’oasis de San Pedro de Atacama c’est d’abord une ambiance, un état d’esprit, un moment où l’on se sent radicalement ailleurs, loin de chez soi. D’une certaine façon, San Pedro se mérite. Après 3 jours de traversée du Sud Lipez, la tête encore pleine d’images des paysages grandioses que nous venions de traverser, un peu fatigués, certes, on se sent tout à coup renaître à cette petite ville du nord du Chili située à 2348 m. d’altitude, au pied du Volcan Licancabur (5916 m.). Au milieu d’une région aride,  San Pedro de Atacama est devenue le lieu de rencontre des amoureux d’une nature sauvage et des adeptes de grands espaces écrasés le jour sous un ciel terriblement bleu et la nuit sous les étoiles étincelantes.

C’est avec un couple de sympathiques baroudeurs @the_beaviers avec lesquels nous venions de traverser le Sud Lipez que nous explorerons la région de San Pedro.

Sur la route qui longe la frontière avec la Bolivie et l’Argentine, le désert d’Atacama coincé entre le Pacifique et la cordillère des Andes au Nord du Chili se déploie dans toute sa splendeur. A bord d’un 4X4 Susuki loué par Olivier et Béatrice nous nous baladerons toute une journée à travers d‘immenses espaces rocailleux, une terre craquelée par la sècheresse, et de quelques rares écrins de verdure où l’eau coule à plein bord dans des rigoles creusés par l’Homme. Le spectacle  de ces lieux dominés par d’imposants volcans aux cimes enneigées deviendra carrément  hallucinant à l’approche des lagunes turquoises. Féérique sera le coucher du soleil dans le salar d’Atacama. Nous sommes dans un autre monde à la beauté vive et sauvage, qui dans ce tout petit village à plus de 4000m. d’altitude laisse deviner le lien invisible et tellement profonde qui unit ses habitants à leur terroir. On imagine bien, l’effroyable somme d’efforts humains que représente ici le fait de vivre dans un environnement tellement agréable à l’oeil du voyageur et tellement hostile à la vie. 

 

la vallée de la lune:il n’y a pas à aller très loin. A une douzaine de kilomètres de San Pedro d’Atacama se niche un lieu à l’allure lunaire.

Informations générales sur le Chili

Informations générales sur le Chili

Vous trouverez dans cette rubrique, quelques données géographiques, économiques, sociologiques et un point de vue sur la situation sociale et politique actuelle. Ces informations sont pour la plupart issues de sources institutionnelles dont France Diplomatie

Du désert du Nord (le désert d’Atacama), aux zones glaciaires du sud, le Chili s’étend sur 4270 km de long. Ce long ruban de terre, d’une largeur moyenne de 200 km n’excèdant pas 350 km offre une varièté de paysages très contrastée: désertique au Nord avec un des déserts les plus arides du monde (le désert d’Atacama), glaciaire au sud avec la zone antarticque, le tout traversé par la cordillère des Andes et ses sommets dépassant les 6000 m. d’altitude. Le long des côtes avec le pacifique se trouvent des plaines littorales où sont cultivés fruits et légumes.Le pays possède avec le pacifique la plus grande façade maritime du monde.

Données géographiques

Superficie : 755 776 km²
Capitale : Santiago du Chili
Villes principales : Santiago, Valparaiso, Concepción, Antofagasta
Langue officielle : espagnol
Monnaie : peso (1000 pesos = 1,30 € au9 juillet 2019)
Fête nationale : 18 septembre(fête de l’indépendance)

Données démographiques

Population : 18,05millions (Banque mondiale, 2017)
Densité : 23 habitants/km2
Taux de croissance démographique : 0,88 %
Espérance de vie : 81,7 ans
Taux d’alphabétisation 98,55 %
Religion(s) : catholicisme romain 88%, églises protestantes 11%
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,83 (42e rang sur 177)

Données économiques

PIB : 298 Mds USD (Banque mondiale)
PIB (nominal) par habitant : 15 924 USD(Banque mondiale)
Taux de croissance : 4% (Banque mondiale)
Taux de chômage : 7,2% (Banque mondiale)
Taux d’inflation : 2,6 %
Déficit budgétaire : 1,7% du PIB
Balance commerciale : 6,9 Md (en 2017)

    Principaux clients : Chine, Etats Unis, Japon
    Principaux fournisseurs : Chine, Etats Unis, Brésil
    Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (en 2017) :

    • Primaire-Agriculture : 4,3 %
    • Secondaire-Industrie : 31,3 %, dont 14,1% du secteur minier
    • Services : 74,4 %
      Exportations de la France vers le Chili (2018) : 1,07 Md€
      Importations françaises depuis le Chili (2018) : 1,1 Md€

    Situation politique actuelle

     

    Avant-propos. Lorsqu’éclatèrent les premiers signes de la contestation qui va embraser le pays, nous revenions de Valparaiso. C’était le 18 octobre 2019. Nous étions au terminal de bus de Santiago pour rejoindre en métro le centre-ville où nous résidions. Le métro venait de franchir plusieurs stations, puis s’arrêta normalement dans l’une  d’entre elles. Après un quart d’heures d’attente, on nous  informa que deux stations plus loin des émeutes venaient d’éclater et qu’il fallait descendre ici et poursuivre notre cheminb à pieds ou en taxi…C’était le début d’une gigantesque contestation qui se poursuit encore aujourd’hui. Pendant 3 jours nous en avons été les témoins compréhensifs et parfois inquiets par tant de violence.

     Après le renversement de la présidence socialiste de Salvador Allende (4 novembre 1970-11septembre 1973) vont s’ouvrir avec Pinochet 17 années de dictature. Durant cette période noire du Chili, le dictateur applique à la lettre les recommandations des “évangélistes” du marché  et se lance dans une enreprise libérale à outrance. Si la croissance est relancée, les inégalités explosent. Le 11 mars 1990 avec Patricio Aylwin (1990-94), le chili entre alors dans un processus démocratique avec le retour de la social-démocratie. Depuis d’autres présidents se succèdent sans que jamais la constitution d’inspiration libérale héritée de Pinochet soit modifiée ou que soit remis en cause le modèle socio-économique hérité de la période Pinochet. La socialiste Michelle Bachelet, actuelle haut commissaire des Droits de l’Homme aux Nations Unies a été deux fois présidente comme l’homme d’affaires Sebastian Pinera actuel chef de l’Etat, vivement contesté aujourd’hui dans sa façon de gèrer le pays.

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    Ils se sont partagés la terre, la loi, les plus jolies rues, l’air ambiant, l’université, les souliers…” Dans son poème J’accuse, écrit en 1947, Pablo Neruda dénonçait l’oligarchie chiliennePlus de soixante-dix ans plus tard, les vers du prix Nobel de littérature chilien semblent être toujours d’actualité. Le 18 octobre après l’annonce de la hausse du ticket de métro  la colère va s’exprimer dans tout le pays pour rapidement se transformer en un rejet global du modèle économique et social du pays et de ses dirigeants.  Les faits : Le 25 octobre 2019, un million de personnes sont dans la rue. Elles exigent, la fin d’un systsème ultralibéral mis en place sous la dictature de Pinochet (1973-1990). Elles demandent des réformes économiques et la démission du président Sebastian Pinera, un homme d’affaires revenu au pouvoir en 2018. Tout démarre quelques jours plus tôt suite à l’annonce de l’augmentation du prix du ticket de métro. Les premiers à réagir sont les étudiants et les lycéens de Santiago, qui décident et appellent à de ne plus payer le ticket de transport. Le gouvernement estime qu’il s’agit là de l’oeuvre de « délinquants » et charge la police de réprimer les “délinquants”. La répression est brutale et fait des dizaines de morts et des milliers de blessés. Face à une situation qui lui échappe de plus en plus, Pinera décrète alors l’état d’urgence dans plusieurs villes chiliennes, dont Santiago. Les autorités militaires, mandatées par le président Pinera pour rétablir l’ordre à Santiago, décrétent le couvre-feu. C’est la première fois que des militaires patrouillent dans les rues depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Face à la colère populaire, le président de la république renonce à augmenter le prix du ticket de métro. Mais pour autant la colère ne retombe pas. Les concerts de casseroles, le saccage de magasins, de banques, les charges de police, les chars dans les rues de Santiago viennent rythmer les jours et les nuits de la capitale et d’autres villes du pays. La révolte continue et elle a un motif : la privatisation de la santé, de l’éducation, des transports, de l’eau, des systèmes de retraite,  un processus initié par Pinochet sur la recommandation des “chicago’s boys”, et poursuivi par  S. Pinera. C’est ce modèle néolibéral bâti pendant la dictature et que la démocratie n’a pas fondamentalement modifié qui est en cause. La vie chère, les injustices, l’explosion des inégalités sont devenues insuppotables. Dans leur ensemble, les manifestants dénoncent le pouvoir économique des dirigeants et l’injustice d’un système économique qui favorise avant tout le capital. Le président Sebastian Pinera est lui-même un des hommes les plus riches du Chili et son gouvernement compte de nombreuses personnalités du monde des affaires ou ayant collaboré avec la junte. Par ailleurs, nous avons pu voir dans les manifestation de nombreuses pancartes brandies par des manifestants sur lesquelles il était fait référence aux scandales de corruption dans lesquels ont été impliqués de puissants groupes économiques proches du chef de l’Etat. Depuis l’époque de Pinochet, le Chili connaît ses pires violences. Considéré comme un modèle de stabilité politique et économique en Amérique latine, le Chili souffre depuis trop longtemps de graves fractures sociales à l’origine d’un mécontentement généralisé. A l’heure où j’écris ces lignes, (27 décembre 2019), la mobilisation se poursuit pour réclamer des mesures sociales urgentes et une nouvelle Constitution. Dans cette perspective, le Congrès chilien a adopté jeudi 19 décembre un texte permettant l’organisation le 26 avril prochain d’un référendum pour savoir si la Constitution héritée de l’ère Pinochet doit être remplacée ou non. Ce texte, adopté par 38 voix contre trois, doit encore être examiné en janvier 2020 par le Sénat. En attendant, l’ONU dénonce la violation des droits humains par la police; les ONG font état des méthodes de répression brutales de la police, notamment l’utilisation de projectiles spéciaux qui ont entraîné des blessures aux yeux.