Vous trouverez dans cette rubrique, quelques données géographiques, économiques, sociologiques et un point de vue sur la situation sociale et politique actuelle. Ces informations sont pour la plupart issues de sources institutionnelles dont France Diplomatie

Du désert du Nord (le désert d’Atacama), aux zones glaciaires du sud, le Chili s’étend sur 4270 km de long. Ce long ruban de terre, d’une largeur moyenne de 200 km n’excèdant pas 350 km offre une varièté de paysages très contrastée: désertique au Nord avec un des déserts les plus arides du monde (le désert d’Atacama), glaciaire au sud avec la zone antarticque, le tout traversé par la cordillère des Andes et ses sommets dépassant les 6000 m. d’altitude. Le long des côtes avec le pacifique se trouvent des plaines littorales où sont cultivés fruits et légumes.Le pays possède avec le pacifique la plus grande façade maritime du monde.

Données géographiques

Superficie : 755 776 km²
Capitale : Santiago du Chili
Villes principales : Santiago, Valparaiso, Concepción, Antofagasta
Langue officielle : espagnol
Monnaie : peso (1000 pesos = 1,30 € au9 juillet 2019)
Fête nationale : 18 septembre(fête de l’indépendance)

Données démographiques

Population : 18,05millions (Banque mondiale, 2017)
Densité : 23 habitants/km2
Taux de croissance démographique : 0,88 %
Espérance de vie : 81,7 ans
Taux d’alphabétisation 98,55 %
Religion(s) : catholicisme romain 88%, églises protestantes 11%
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,83 (42e rang sur 177)

Données économiques

PIB : 298 Mds USD (Banque mondiale)
PIB (nominal) par habitant : 15 924 USD(Banque mondiale)
Taux de croissance : 4% (Banque mondiale)
Taux de chômage : 7,2% (Banque mondiale)
Taux d’inflation : 2,6 %
Déficit budgétaire : 1,7% du PIB
Balance commerciale : 6,9 Md (en 2017)

    Principaux clients : Chine, Etats Unis, Japon
    Principaux fournisseurs : Chine, Etats Unis, Brésil
    Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (en 2017) :

    • Primaire-Agriculture : 4,3 %
    • Secondaire-Industrie : 31,3 %, dont 14,1% du secteur minier
    • Services : 74,4 %
      Exportations de la France vers le Chili (2018) : 1,07 Md€
      Importations françaises depuis le Chili (2018) : 1,1 Md€

    Situation politique actuelle

     

    Avant-propos. Lorsqu’éclatèrent les premiers signes de la contestation qui va embraser le pays, nous revenions de Valparaiso. C’était le 18 octobre 2019. Nous étions au terminal de bus de Santiago pour rejoindre en métro le centre-ville où nous résidions. Le métro venait de franchir plusieurs stations, puis s’arrêta normalement dans l’une  d’entre elles. Après un quart d’heures d’attente, on nous  informa que deux stations plus loin des émeutes venaient d’éclater et qu’il fallait descendre ici et poursuivre notre cheminb à pieds ou en taxi…C’était le début d’une gigantesque contestation qui se poursuit encore aujourd’hui. Pendant 3 jours nous en avons été les témoins compréhensifs et parfois inquiets par tant de violence.

     Après le renversement de la présidence socialiste de Salvador Allende (4 novembre 1970-11septembre 1973) vont s’ouvrir avec Pinochet 17 années de dictature. Durant cette période noire du Chili, le dictateur applique à la lettre les recommandations des “évangélistes” du marché  et se lance dans une enreprise libérale à outrance. Si la croissance est relancée, les inégalités explosent. Le 11 mars 1990 avec Patricio Aylwin (1990-94), le chili entre alors dans un processus démocratique avec le retour de la social-démocratie. Depuis d’autres présidents se succèdent sans que jamais la constitution d’inspiration libérale héritée de Pinochet soit modifiée ou que soit remis en cause le modèle socio-économique hérité de la période Pinochet. La socialiste Michelle Bachelet, actuelle haut commissaire des Droits de l’Homme aux Nations Unies a été deux fois présidente comme l’homme d’affaires Sebastian Pinera actuel chef de l’Etat, vivement contesté aujourd’hui dans sa façon de gèrer le pays.

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    Ils se sont partagés la terre, la loi, les plus jolies rues, l’air ambiant, l’université, les souliers…” Dans son poème J’accuse, écrit en 1947, Pablo Neruda dénonçait l’oligarchie chiliennePlus de soixante-dix ans plus tard, les vers du prix Nobel de littérature chilien semblent être toujours d’actualité. Le 18 octobre après l’annonce de la hausse du ticket de métro  la colère va s’exprimer dans tout le pays pour rapidement se transformer en un rejet global du modèle économique et social du pays et de ses dirigeants.  Les faits : Le 25 octobre 2019, un million de personnes sont dans la rue. Elles exigent, la fin d’un systsème ultralibéral mis en place sous la dictature de Pinochet (1973-1990). Elles demandent des réformes économiques et la démission du président Sebastian Pinera, un homme d’affaires revenu au pouvoir en 2018. Tout démarre quelques jours plus tôt suite à l’annonce de l’augmentation du prix du ticket de métro. Les premiers à réagir sont les étudiants et les lycéens de Santiago, qui décident et appellent à de ne plus payer le ticket de transport. Le gouvernement estime qu’il s’agit là de l’oeuvre de « délinquants » et charge la police de réprimer les “délinquants”. La répression est brutale et fait des dizaines de morts et des milliers de blessés. Face à une situation qui lui échappe de plus en plus, Pinera décrète alors l’état d’urgence dans plusieurs villes chiliennes, dont Santiago. Les autorités militaires, mandatées par le président Pinera pour rétablir l’ordre à Santiago, décrétent le couvre-feu. C’est la première fois que des militaires patrouillent dans les rues depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Face à la colère populaire, le président de la république renonce à augmenter le prix du ticket de métro. Mais pour autant la colère ne retombe pas. Les concerts de casseroles, le saccage de magasins, de banques, les charges de police, les chars dans les rues de Santiago viennent rythmer les jours et les nuits de la capitale et d’autres villes du pays. La révolte continue et elle a un motif : la privatisation de la santé, de l’éducation, des transports, de l’eau, des systèmes de retraite,  un processus initié par Pinochet sur la recommandation des “chicago’s boys”, et poursuivi par  S. Pinera. C’est ce modèle néolibéral bâti pendant la dictature et que la démocratie n’a pas fondamentalement modifié qui est en cause. La vie chère, les injustices, l’explosion des inégalités sont devenues insuppotables. Dans leur ensemble, les manifestants dénoncent le pouvoir économique des dirigeants et l’injustice d’un système économique qui favorise avant tout le capital. Le président Sebastian Pinera est lui-même un des hommes les plus riches du Chili et son gouvernement compte de nombreuses personnalités du monde des affaires ou ayant collaboré avec la junte. Par ailleurs, nous avons pu voir dans les manifestation de nombreuses pancartes brandies par des manifestants sur lesquelles il était fait référence aux scandales de corruption dans lesquels ont été impliqués de puissants groupes économiques proches du chef de l’Etat. Depuis l’époque de Pinochet, le Chili connaît ses pires violences. Considéré comme un modèle de stabilité politique et économique en Amérique latine, le Chili souffre depuis trop longtemps de graves fractures sociales à l’origine d’un mécontentement généralisé. A l’heure où j’écris ces lignes, (27 décembre 2019), la mobilisation se poursuit pour réclamer des mesures sociales urgentes et une nouvelle Constitution. Dans cette perspective, le Congrès chilien a adopté jeudi 19 décembre un texte permettant l’organisation le 26 avril prochain d’un référendum pour savoir si la Constitution héritée de l’ère Pinochet doit être remplacée ou non. Ce texte, adopté par 38 voix contre trois, doit encore être examiné en janvier 2020 par le Sénat. En attendant, l’ONU dénonce la violation des droits humains par la police; les ONG font état des méthodes de répression brutales de la police, notamment l’utilisation de projectiles spéciaux qui ont entraîné des blessures aux yeux.