Nb. Cette rubrique est en cours de création. Il reste encore de nombreux moments à relater. Fin décembre, je devrais arriver au terme de ce « voyage ». Des modifications dans les textes et la mise en page sont également à prévoir.

le tour du Maroc avec ma royal enfield

DURÉE

36 jours

DISTANCE

3200 Km.

BUDGET

2750 €

le circuit au Maroc
Royal Enfield

Je suis arrivé à Tanger le 17 octobre 2022. Le compteur de ma moto affichait 7330 km. Au terme de mon road trip, la moto totalisait 10530 km. J’avais ainsi effectué une boucle de 3200 km. Révisée à 5000 km, parfaitement entretenue, j’ai néanmoins  fait une vidange et changé le filtre à huile à 9000 km dans un garage moto de Marakech chargé d’entretenir des Royal Enfield. J’en ai profité pour faire retendre la chaîne et la graisser. Pour le reste tout s’est très bien passé. Aucune panne, aucune crevaison n’ont été à déplorées, sauf des boulons à resserrer et la pièce métallique du pot d’échappement à re-fixer.

Bilan 

  • 3,2 l. d’essence aux 100 km
  • 0 l. d’huile
  • boulons repose-pieds avant resserrés et protège -échappement re fixé avec un collier
  • vidange, filtre à huile, chaîne retendue et graissée réalisées au retour à Marrakech dans un garage agréé Royal Enfield
  • Aucune panne, aucune crevaison ! 
concessionnaire royal enfield à Casablanca

De passage à Casablanca, je me suis rendu chez un des rares concessionnaires Royal Enfield d’Afrique. Il n’est pas le seul, un autre concessionnaire existe quelque part en Afrique ! Au départ, dans la perspective du sud et des pistes éventuelles, je souhaitais changer mes pneus pour des pneus Trail et faire installer les chambres à air renforcées que j’avais pris la précaution d’emporter dans mes bagages. La hantise de la crevaison !  Ils n’étaient pas disponibles en magasin et je devais attendre. Attendre à Casa n’est pas très réjouissant, alors je suis parti avec le grand plaisir d’avoir rencontré une équipe jeune et dynamique dont le mécanicien breton venu habiter dans cette grande ville du Maroc.

concessionnaire royal enfield à casablanca
concessionnaire royal enfield de Casablanca

LE VOYAGE (1ère partie)

 

15 octobre 2022 / DéPART DE SÈTE – DESTINATION TANGER AVEC LE FERRY

Il est 14 h. Je viens de quitter le centre ville de Sète et me dirige maintenant vers la gare maritime. A 18h. le Ferry de la GNV part pour Tanger. Quelques camions, des centaines de voitures sont soigneusement garés sur le parking. Ils attendent d’embarquer et que la barrière s’ouvre pour accéder à la zone d’embarquement. Quelques motards se sont regroupés. Ils attendent eux aussi le moment où ils pourront s’engouffrer dans l’immense garage du ferry. Le ciel est bleu, il fait chaud. L’ambiance est amicale. Des groupes se forment; des destins s’y rencontrent. Des voyageurs en moto aux motivations diverses se retrouvent pour échanger sur leur projet, leur bécane…Pour les adeptes du dépaysement, le Maroc, et au-delà  l’Afrique noire sont des destinations rêvées. Un jeune de 24 ans avec une 125 des années 70 envisage d’aller au Sénégal. Il part pour 6 mois.  Il n’est pas le seul. P. a décidé de retrouver un ami installé à Sally au Sénégal; un belge en 700 Ténéré, n’est pas très fixé sur une destination. La perspective du Sénégal semble l’intéresser. D’autres motards en BMW 1250 GS ont prévu de se balader dans l’Atlas en famille. Les femmes conduisent la voiture d’assistance, un super 4×4 Toyota. Un de leurs amis en Royal Enfield Classic, les accompagne.  » Doucement les copains, il va falloir que vous vous adaptiez à ma Royal  » prévient-il !

départ Tour du Maroc
tour du Maroc avec ma royal enfield
Royal Enfield au départ de Sète

J1-3 / ARRIVÉE À TANGER – PREMIERS PAS DANS LA VILLE

42 heures après mon départ de Sète, le ferry accoste au port commercial de Tanger, (Tanger Med)  situé à une quarantaine de km de la ville. Les formalités accomplies, un dernier au revoir aux 3 motards avec lesquels j’ai fait la traversée et me voilà sur la petite route sinueuse qui longe la rive africaine du détroit. Les descentes alternent avec les montées. J’enchaîne les virages et me risque parfois à lancer un regard furtif sur les eaux bleues qui séparent l’Europe de l’ Afrique. « Tanger la blanche » est là-bas au bout de la route à l’extrémité ouest du détroit. Je prévois d’y rester une nuit; j’y resterai deux de plus, le temps de gèrer les conséquences du vol de mon iphone dans le Socco, et son remplacement. 

l'hôtel continental de Tanger

Il est 12h. Je viens d’arriver à l’hôtel Continental. Cette construction du XIX ème siècle classée au patrimoine national s’élève sur 3 étages. Elle est composée de magnifiques salons marocains ornés de mosaïques traditionnelles. Située dans la partie haute de la médina, en surplomb du port, la vue sur la baie de Tanger est sublime. A l’intérieur du bâtiment, les photos accrochées aux murs, rappellent que des célébrités ont séjourné dans cet hôtel.C’est aussi là que des scènes du film « Un thé au Sahara » de Bernardo Bertolucci ont été tournées. Le prix en regard du caractère du lieu et des prestations fournies est très raisonnable : 45 € pdj compris. J’ajouterai encore que le pdj  sur la terrasse ou dans un des salons de l’hôtel est un moment fort agréable. 

baie de tanger au lever du soleil
vue de Tanger
Dans le Socco de Tanger

Ma moto est garée sur le parking de l’hôtel à côté des BMW 1250 GS de motards polonais. 

La royal enfield à Tanger

DANS LES RUELLES DU SOCCO : SUR LES PAS DES ÉCRIVAINS. Beaucoup d’écrivains ont séjourné à Tanger et ont déambulé dans le ruelles de la médina.  De grandes figures de la litérature, des écrivains de la beat génération ont décidé un jour d’y vivre. Jack Kerouac et Allen Ginsberg par exemple ont marché dans la médina, dégusté des hamburgers saupoudrés de kif, se sont goinfrés de pâtisseries au miel et ont traîné des heures dans les cafés du Petit Socco (« Petit Marché »). Bowles, Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs, Joseph Kessel, Jean Genet ont trouvé là dans les bars et autres lieux interlopes du socco de quoi nourrir leur oeuvre littéraire. Mentionnons aussi l’auteur du Pain Nu, Mohamed Choukri, un écrivain marocain qui vivait dans la médina. Le « vieux » monsieur rencontré dans la médina, me disait avoir partagé avec l’écrivain de mémorables beuveries ! 

dans la médina de ranger
Dans la médina de tanger
Dans la médina de tanger
dans le souk de Tanger
dans la médina de tanger
début de soirée dans la médina de tanger

LE CAP SPARTEL

A la pointe la plus à l’ouest du détroit, à une quinzaine de km  de Tanger, le cap Spartel. De ce promontoire rocheux qui signe l’endroit le plus au nord de l’Afrique on a un superbe point de  vue sur le détroit et sur la façon dont la Méditerranée et l’Atlantique se rencontrent.

le phare du cap sparte
Royal enfield au cap spartel

J 4 – TANGER-LARRACHE-RABAT : 250 km

Je quitte Tanger vers 10 h. de matin. Avant de rejoindre Rabat, je m’arrêterai une heure ou deux à Larache, au cimetière catholique espagnol, là où repose au milieu des tombes espagnoles, l’écrivain Jean Genet. 

Jean Genet au cimetière de Larache
la tombe de jean genet à Larache
la tombe de Jean Genet
la tombe de Jean Genet

C’est dans ce cimetière face à l’océan, en haut d’une falaise, que le chercheur de couleurs, de senteurs, et d’ambiances de sud qu’était Genet a souhaité être inhumé. Pour son amant, il a acheté juste derrière le cimetière une petite maison où il venait écrire. Curieusement, je pense à un de ses livres, « le journal du voleur » dont une partie se déroule dans les bas-fond du Barrio Chino de Barcelone. C’est avec ces images de Genet errant dans les ruelles du barrio que je quitte Larache. J’atteindrai Rabat, la capitale du Maroc, en fin d’après midi. Je suis resté sur la N1, cette fameuse nationale qui va de Tanger jusqu’à la frontière mauritanienne en longeant l’océan et en traversant les villes. J’ai longé l’une des murailles de la ville qui abrite la vie grouillante de la médina. Je m’y suis engagé et avant même d’y pénétrer vraiment j’ai trouvé un hôtel peu cher et au confort spartiate mais suffisant pour une nuit.

J5 /  RABAT – CASABLANCA : 68 km.

Cela fait maintenant 4 jours que je suis au Maroc. 4 jours que je traverse des villes brouillonnes et bruyantes. La perspective de Casa ne m’enchante guère. Je me console un peu en me disant que si tout va bien je serai demain à Marrakech, aux portes du Sud, à deux pas des immensités désertiques. J’ai prévu, ce soir  de m’arrêter à Casa et de passer à la concession Royal Enfield et éventuellement d’y faire poser des pneus Trail même si je n’ai pas prévu de pistes de sable ou autre. Je me résigne à traverser les faubourgs de la ville et à me lancer dans le trafic. 

royal enfield à casablanca
royal enfield à casablanca

LE COIN MOTO

La moto fait le job, plutôt bien. Je croise à 90/100 sur les grands axes. Je reste cependant très vigilant. Le moindre bruit suspect du moteur m’alerte. Il faut dire que la bécane vibre beaucoup, que le moteur a parfois des bruits curieux. Quant aux freins, ils sont à la peine ! Disons le tout net, il freinent très mal, surtout le frein arrière.

J7 / CASABLANCA – MARRAKECH : 256 km

Le voyage prend forme. Je quitte enfin la Nationale 1 qui longe la côte atlantique sur 2236 km, de Tanger jusqu’à la frontière mauritanienne. C’est cette route qu’empruntent les voyageurs à destination du Sénégal. Maintenant je me dirige plein sud vers Marrakech. Dernière épreuve : quitter complètement Casa et ses faubourgs misérables, dont j’aperçois les amas de bicoques serrées les unes contre les autres; trouver son chemin au sein d’un entrelacs de rues encombrées par tout ce qui roule ! Plus d’une heure pour sortir de l’enfer. Chercher son chemin est parfois très épuisant. Fourbu, le dos douloureux, un peu las, je sais qu’à l’approche du Sud, avec les premiers  mirages réparateurs, je vais retrouver la vitalité joyeuse des vagabonds romantiques !

Des bouffées d’air brûlant se glissent maintenant sous le casque : le sud me prend littéralement à la gorge. Il fait 37 degrés. Plus je me rapproche de la ville, plus la chaleur devient étouffante.

Sans GPS, je me faufile comme je peux dans les ruelles de la médina à la recherche du Ryad dont j’ai récupèré l’adresse à Tanger. Il est 16 h.

En Royal Enfield dans la médina de Marrakech
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