KAMPOT AU SUD DU CAMBODGE, SA RÉGION ET LA PLANTATION DE POIVRE

SA DEC UNE VILLE DU DELTA DU MEKONG DANS LE SUD DU VIETNAM

 

“Je descends du car. Je vais au bastingage. Je regarde le fleuve. Ma mère me dit quelquefois que jamais, de ma vie entière, je ne reverrai des fleuves aussi beaux que ceux là, aussi grands, aussi sauvages, le Mékong et ses bras qui descendent vers les océans, ces territoires d’eau qui vont aller disparaître dans les cavités des océans. Dans la platitude à perte de vue, ces fleuves, ils vont vite, ils versent comme si la terre penchait.”…(Marguerite DURAS)

 

Sa Dec est une très charmante petite ville du Delta du Mékong, très souvent associée à la fameuse maison bleue dont parle Marguerite Duras dans son roman autobiographique “l’amant”. Huynh Thuyle Lé, le héros du livre en était le riche propriétaire. C’est sur le ferry  qui emmenait Marguerite au pensionnat à Saïgon qu’elle rencontra son héros. Leur attirance fut tellement forte qu’ils se revirent, non pas dans cette maison, mais à Cholon, le quartier chinois de Saïgon. C’est donc à Sa Dec que s’origine la trame du roman, c’est là que vécut une partie de sa jeunesse, la romancière. Sa mère y était directrice d’école. L’école existe toujours, par contre la maison ou Duras habitait avec sa mère a été détruite. Elle se situait sur le même quai Nguyen Hué que la maison bleue.

La maison bleue

Longtemps, la maison du jeune homme chinois du roman de Marguerite Duras “L’Amant” est restée inaccessible au public. Depuis 2006 on peut la visiter. Mieux pour 50 dollars il est possible d’y dormir, d’avoir le repas du soir et le petit déjeuner. Deux chambres très spartiates avec ventilateur et télévision ont été refaites à cet effet. Les deux autres sont à refaire. Elles servaient de bureaux à la police qui occupait les lieux. Classée “site historique national” la maison bâtie en 1895, puis remaniée en 1917 est un mélange de 3 styles, français, vietnamien et chinois. Le bâtiment principal a été préservé, comme, à l’intérieur, l’autel en bois des ancêtres chinois. Restent aussi une vaste table basse incrustée de nacre et le carrelage, qui vient d’Ardèche, de Villeneuve de Berg.

Sur les murs, on peut voir des photos de  de sa femme, de ses enfants, de la romancière ainsi que celles prises sur le tournage du film réalisé par Jean-Jacques Annaud (1992) adapté du roman de Marguerite Duras.

 A l’arrière, il y avait un grand jardin. Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques mètres (c’est le passage pour se rendre aux toilettes), entre l’arrière de la maison et le mur d’une maison voisine.

Pour le voyageur (français) Sadec est donc essentiellement connue  à travers le roman de Marguerite Durs, « l’amant ». Elle y vécut là avec sa mère à la fin des années 20 et au début des années 30.

Cette ville située à 143 km de Saïgon, considérée comme la capitale de la province du Dong Thap, est pleine de charme avec ses vieilles maisons d’architecture coloniale, ses ponts, ses ruelles et ses pagodes. L’école où enseignait la mère de la romancière est encore là. Le marché témoigne de l’époque coloniale

 

LA RÉGION DE SA DEC : LE PAYS DES FLEURS, LE ROYAUME DES HORTICULTEURS

La région de Sa Dec est réputée pour la grande variété de fleurs qu’on y trouve. On l’appelait naguère le jardin de la Cochinchine. Des milliers d’horticulteurs vivent là, dans un habitat dispersé et cultivent des centaines de variétés de  fleurs, des arbustes qui seront diffusés dans tout le Vietnam

SAPA, UNE VILLE DE MONTAGNE 

SAPA ET SES ENVIRONS

Sapa est une ville de montagne du nord du Vietnam. Quand j’y suis allé, il faisait plutôt froid (15 degrés le jour et 8 la nuit) en comparaison des températures des régions traversées auparavant.

C’est un endroit, très, très touristique. La création récente de l’autoroute Hanoï jusquà Lao Caï, très proche de Sapa est un boulevard pour le visiteur. En 3 ou 4 heures , on change de climat, de paysage et de gens. Sapa est un bel endroit mais avec ces questions: jusqu’où iront les constructions d’hôtel, de buiding, d’immeubles… Le site sera-t-il capable d’absorber une telle masse de touristes et que vont devenir les minorités ethniques ?  Toute la journée, le centre ville du côté de Quang Truong Square est envahi par des enfants et des mamans Hmongs portant leur bébé dans le dos . Leur travail: vendre  des bracelets, des boucles d’oreilles, des sacs en tissus avec ce mot répèté des centaines de fois par jour : “shopping for me”. Quelques Hmong proposent de vous emmener dans leur village (ou faire un tour de ville en mobylette). Je n’ai pas essayé cette formule et lui ai préfèré, celle  plus classique organisée par l’office du tourisme de Sapa. J’avoue avoir été déçu. Nous étions 8 touristes, des allemands, des américains, des suédois …guidés par une jeune Hmong accompagné de ses copines. La promenade a débuté par une montée très raide au-dessus de la ville, puis de là, nous sommes descendus dans la vallée sur des chemins bétonnés et destinés à “acceuillir” les touristes. Cafés, restaurants, spa, boutiques diverses… vous attendent !  Si le mode de vie des Hmong a radicalement changé du fait du tourisme, il n’en reste pas moins que les paysages sont d’une rare beauté. Les rizières en terrasses ont remplacé depuis 1986, la culture du pavot. Et prendre le temps de se promener et de regarder le paysage des environs de Sapa, c’est un spectacle merveilleux. Pour retrouver un peu d’authenticité dans la culture Hmong, il faut impérativement s’écarter de Sapa et passer plusieurs nuits dans les villages reculés de la montagne du Nord Vietnam.

Au début des années 1900, les français découvrent Sapa et vont dès les années 20 construire des villas (plus de 300) et feront  de la ville la capitale d’été du nord du Vietnam du fait de son climat. Lors de la guerre frontalière entre la Chine et le Vietnam (1979), Sapa subit des dégâts, des milliers de ha de forêt ont été brulés et les villas coloniales, détruites. La reconstruction ne tarde pas et ce sont des centaines d’hôtels, de restaurants qui ont été érigés pour accueillir un tourisme en hausse continuelle.

AUTRES MOMENTS ET PHOTOS/VIDEOS DU VOYAGE

Barques à fond plat du Mékong

 

 

A L’ENTREE DU TEMPLE DE HOUAYXAI AU LAOS

UN MASSAGE A LA PRISON DES FEMMES DE CHIANGMAI

 

 

Il peut paraître curieux d’aller en prison pour un massage thaïlandais traditionnel, mais c’est une possibilité proposée par le « Vocational training center of Chiangmai woman correctional institution », en clair, la prison des femmes de Chiangmai.

D’abord par cette précision : non, le massage thaïlandais n’a rien à voir avec les activités généralement prostitutionnelles qui s’en réclament dans certains quartiers de Bangkok, de Phuket, de Pattaya ou d’ailleurs… Le massage traditionnel thaïlandais, le Nuad Boe est une technique ancestrale, hélas trop souvent associée à une activité sexuelle.

Cela étant dit de quoi s’agit-il ?

On dit que le massage thaïlandais serait d’origine indienne et remonterait à plus de 2500 ans, au temps où le Dr. Shivago Khomarpaj, médecin personnel et ami de Bouddha, développait ses techniques de massage thérapeutique. Ce médecin était un expert du massage mais aussi de la connaissance des plantes. Il est considéré comme le père fondateur de la médecine traditionnelle thaïe.

La méthode de traitement par le massage fut adoptée ensuite par les moines bouddhistes. C’est vers le deuxième siècle avant J-C que ce massage arriva en Thaïlande où il s’intégra à la médecine thaïe traditionnelle. Pour le préserver, ce savoir oral fut peu à peu retranscrit sur des feuilles de palmier qui disparurent malheureusement presque toutes lors de la destruction par les Birmans de la ville d’Ayutthaya, en 1767. Les quelques fragments qui échappèrent à cette destruction servirent de base aux dessins que l’on retrouve aujourd’hui encore sur les murs du temple Wat Po à Bangkok, dont la construction débuta en 1832.

Simon de la Loubère, ambassadeur de France à la cours royale de Thaïlande, fut le premier à mentionner le massage thaï comme moyen thérapeutique en Thaïlande. En 1690, il écrivait : au Siam, lorsqu’on est malade, on commence par faire travailler tout son corps par une personne entraînée à cet effet. Celle-ci s’active sur tout le corps du patient et le piétine… » Et je peux vous dire, comme vous allez le comprendre dans la suite de mon texte, que c’est vrai ! je l’ai vécu

Revenons à la prison des femmes de Chiangmai. Il y a une dizaine d’années l’établissement a mis en place une formation au massage Thaï et à la gestion de spas destinée aux détenues selon un programme de réinsertion précis.

Deux temps de formation sont prévus. Le premier, interne à la maison d’arrêt de Phatummarong, dure 300 heures et le deuxième, d’une durée de 180 heures se déroule dans un centre de développement de compétences de la province de Chiang Mai. Elles suivent également des cours d’anglais et de chinois pour être à même de communiquer avec une clientèle étrangère (de plus en plus chinoise !) A l’issue de cette formation, les détenues passent un examen pour obtenir la certification requise pour exercer la pratique du massage thai.

Avant d’envisager leur sortie, elles sont invitées à proposer leur service auprès du grand public, soit dans le centre historique de Chiangmai, une succursale de la prison, soit dans la maison d’arrêt elle-même où une salle de massage a été spécialement aménagée. C’est là que j’étais me faire masser. L’objectif de ce programme vise très clairement à préparer les détenues à un retour qualifié dans la vie civile. Elles ressortent avec une formation et un métier sensé leur éviter de retomber dans la délinquance. C’est dans cette perspective que des conventions sont passées avec des instituts de massage de la ville dans lesquelles elles peuvent aller travailler lors de leur sortie. D’autres ouvrent leur propre institut.  

Je n’ai pas de données concernant cette expérience, notamment son taux de réussite, combien sont-elles à exercer l’activité apprise et à en vivre.  Sur les 2200 détenues combien sont-elles à pouvoir bénéficier de la formation ? Quel est le profil des bénéficiaires ?`Que deviennent concrètement les détenues ayant bénéficié de la formation un an après leur sortie de prison. Bref des questions importantes ; pour une prochaine fois peut être !

Aller se faire masser dans cet établissement, outre le bien-être que cela procure c’est aussi une façon de participer à la réinsertion de détenues et à la pérennité d’un programme éducatif original.

L’espace très accueillant du centre de massage à l’extérieur de la prison, dans le centre historique de Chiangmai

LA TECHNIQUE DU MASSAGE THAÏLANDAIS

C’est donc à l’intérieur de la prison sur des matelas posés à même le sol, qu’un couple de chinois et moi-même avons été accueillis par nos masseuses. La salle fait environ 100m2. Les futons sont disposés tout autour. Les murs beiges recouvert de tenture et d’ombrelles rouge/mauves donnent au décor l’ambiance zen indispensable. Evidemment, une musique douce est diffusée. Auparavant, avant d’entrer dans la pièce, nous avons quitté nos vêtements pour une tunique et un pantalon de coton mauve suffisamment ample pour que nous nous sentions à l’aise. Pendant deux heures, en rythme et de manière synchrone les 3 masseuses vont être concentrés pour essayer de ressentir au mieux les courants d’énergie qui nous traversent.

Nb. Il est formellement interdit de prendre des photos à l’intérieur de la prison. Ces images ont donc été récupérés sur internet pour illustrer globalement la technique du massage thaïlandais

 

Le massage ressemble à  une chorégraphie dans laquelle se succèderont 2 heures durant, des pressions du pousse, de la paume de la main, du genou et des manipulations diverses (étirements, rotation du bassin…)  impliquant de nombreux changements de position de la masseuse. Tout commence par les pieds avec une huile parfumée, puis les pressions se prolongent ensuite tout le long du mollet, pour atteindre les genoux, puis les cuisses. Viennent ensuite divers étirements : le corps « craque » ; parfois, ça fait mal, mais si c’est pour notre plus grand bien, alors … ! Vient le tour des bras et des mains. La masseuse me demande ensuite de m’allonger sur le ventre, pour un massage du dos et de la nuque qui se poursuit en position assise. Le temps file, le bien-être est total. La fin de la séance se termine par un subtil massage de la tête et du visage, comme pour libérer les « mauvaises énergies » par le haut. Un bonheur !

UN SOIR DANS KHAO SAN ROAD, UN QUARTIER DE BANGKOK

Khao San Road n’est pas le quartier le plus intéressant de Bangkok. En revanche, il s’avère très pratique compte tenu des commodités offertes (change de devises, épicerie, hôtels et restaurants peu chers, commerces divers, nombreux transports en commun et en particuliers le bateau sur le Prao Chaya qui dessert tous les quartiers en bordure de la rivière.

Un soir, en déambulant dans le quartier, j’ai filmé ces quelques séquences.

 point de vue …

 

LA DECOUVERTE DU SITE D’AYUTTHAYA

J’ai profité de mon bref séjour à Bangkok, pour visiter le site d’Ayuttaya, à 80 km au Nord de bangkok. Le lieu est superbe; à faire si on veut comprendre un peu l’histoire de la Thaïlande.

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PROMENADE A BICYCLETTE A LA RENCONTRE DE LIEUX IMPREGNES D’HISTOIRE 

AYUTTAYA est une ville de plus de 50 000 habitants situé à 80 km au nord de Bangkok. C’est aussi l’ancienne capitale du royaume de Siam fondée en 1350. Bénéficiant du déclin de Angkor elle connaîtra pendant près de deux siècles un âge d’or quelque peu terni par la rivalité avec les Birmans voisins qui la démolirent  en 1767. Les ruines de l’ancienne ville forment aujourd’hui le parc historique de la ville où se trouvent les ruines de temples bouddhistes, de palais et de monastères. C’est ce site que j’ai visité aujourd’hui à bicyclette louée dans une boutique juste en face de la gare. En dépit de la chaleur, et du soleil (il fait 38 degrés et il y a peu d’ombre), la bicyclette est une excellente manière de se promener aux milieux des ruines et d’en appréhender l’histoire.  Le feuilleton multiséculaire du site a été raconté mille fois. j’en ferai un bref résumé.

À son apogée, la ville rayonne bien au-delà de la région. elle a une renommée internationale. 1 million d’habitants y vivent au milieu de 1500 temples ! Les échanges commerciaux avec les royaumes de Chine, d’Inde ou de Malaisie donnent à la cité une renommée de premier plan. On notera que les contacts avec les occidentaux eurent lieux à cette époque (les Portugais puis les Français). La mise à sac de la ville ne lui permettra jamais de se relever en dépit d’une tentative de reconstruction. Le royaume s’établira alors plus au sud sur les rives du Chao Phraya et la nouvelle capitale, Thonburi dans un premier temps puis Bangkok ensuite, connu le développemeNt que l’on connait.  

 

LES DEUX TEMPLES VISITÉS

LE TEMPLE MAHATHAT

LE TEMPLE RATCHA BURANA

Le temple ou le wat Mahathat est particulièrement connu pour la tête de Bouddha enchevêtrée dans les racines d’un grand arbre.

Le Wat Phra Mahathat est un des temples les plus anciens d’Ayutthaya et possède le prang (terme qui désigne dans l’architecture religieuse de Thaïlande un type particulier de tour sanctuaire) le plus ancien de la ville. Il a été détruit par les Birmans en 1767 tout comme l’ensemble de la ville. Dans cette acharnement à détruire le royaume de Siam, les Birmans ont décapité toutes les statues de Bouddha et la légende dit qu’une des têtes de Bouddha aurait roulé jusqu’à un arbre qui l’aurait receuillie dans ses racines.
C’est le temple à voir lors d’une visite à Ayutthaya. 
 

Le temple ou le Wat Ratcha Burana est situé en face du temple précédent. C’est un temple de style khmer construit au 15e siècle sous le règne de Chao Sam Phraya (1424-1448), aussi appelé Borom Rachathirat II, sur le lieu de crémation de deux de ses frères plus âgés, Chao Ai et Chao Yi, morts tous les deux lors d’un combat à dos d’éléphants dans une lutte pour le trône après la mort de leur père le Roi Phra Nakhon In en 1414. Il est surtout remarqué pour son grand prang visible de loin est très bien conservé. Il est possible de gravir des escaliers qui mènent à deux chambres non restaurées. Des peintures originales y sont encore visibles sur les murs.
Le prang, bien conservé, a une structure à 3 portiques orientés vers l’Est, le Nord et le Sud. A la base des sculptures de Naga et de Garuda sont encore visibles.