Aréquipa

AREQUIPA est située à 2 335 mètres d’altitude, au pied des volcans Misti et Chachani, dans les Andes péruviennes. Ce qui impressionne le plus ici, c’est la façon dont la couleur du ciel absorbe la blancheur de la ville. Ce n’est pas pour rien qu’elle est surnommée La Cité Blanche; la plupart de ses monuments sont en effet construits en pierres volcaniques blanches : l’ignimbrite (communément appelé sillar), ce qui lui donne son cachet si particulier. Nous y sommes arrivés au petit matin après  une nuit de bus.

On a aimé flâner dans les rues du centre historique, visiter le couvent santa Catalina, s’asseoir sur les bancs de la place d’armes juste en face de cette splendide Cathédrale construite en 1656, détruite une première fois  par un incendie (1844), reconstruite, puis de nouveau détruite par un tremblement de terre (1868), et finalement rebâtie dans un style néo-Renaissance. Le séisme de 2001 a renversé l’une des énormes tours, elle fut réparée fin 2002… La seule cathédrale au Pérou à occuper toute la largeur de la place d’armes, avec ses 108 mètres de long.

Le couvent de Santa Catalina

Entouré de hauts murs, ce monastère de 20 000 m² , le plus grand du monde dit-on, est une véritable ville dans la ville. Construit en sillar, les pierres d’origine volcanique, il est le témoin préservé et superbement entretenu  du style architectural et colonial de l’époque bien qu’on y trouve de nombreuses influences locales. Fondé en 1580 par une riche veuve, il a abrité jusqu’à 170 nonnes et leurs 300 serviteurs.  En avril 2019, environ 25 nonnes, âgées de 18 à 90 ans, y vivent encore. La majorité du monastère est ouvert au public, avec visite possible le soir à la nuit tombée à la lueur des bougies, comme les sœurs à l’époque. On s’est ainsi promené dans un dédale de ruelles, au détour desquelles les cloîtres, les églises, les patios fleuris, les fontaines, les maisonnettes peintes en bleu, en ocre en jaune, en orange, en rouge brique  sont de véritables trésors. 

Juanita, la momie d’Aréquipa

Juanita c’est le nom de cette jeune fille Inca de 16 ans, sacrifiée selon le rituel Incas et retrouvée presque intacte au sommet  du volcan Ampato en 1995 à la faveur d’un dégel du glacier. Avant d’être livrée au dieu du Volcan pour calmer sa colère, la jeune inca aurait fait un long voyage à pied, à partir de Cuzco.

C’est au Musée d’Arequipa que se trouve sa momie conservée dans un congélateur vitré. Dans son Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, paru chez Plon en 2005  (traduction Albert Bensoussan), Mario Vargas Llosa propose le récit de son sacrifice : “Cette enfant a été sacrifiée à l’Apu (le dieu) Ampato, au sommet du volcan, afin d’apaiser sa virulence et d’implorer la prospérité pour les colonies de peuplement incas de la région. Six heures exactement avant son exécution, on lui a donné à manger un plat de légumes frais. Une équipe de biologistes s’active à en retrouver la recette précise. Elle n’est morte ni égorgée, ni étouffée. C’est un habile coup de bâton à la tempe droite qui a mis fin à ses jours…. “

Moment gastronomique à Aréquipa

Dans une de ces superbes demeures aréquipienne en pierre de taille, à l’allure  coloniale, il y a d’abord cette très belle cour centrale que l’on traverse avant de pénètrer dans l’antre du Chef Gaston Acurio, le chef phare du Pérou de renommée internationale. Ce cuisinier, écrivain, entrepreneur, promeut depuis de nombreuses années la cuisine péruvienne dans une cinquantaine de restaurants dans le monde.  A Arequipa, la Chicha est un de ceux-là. Un régal pour les papilles, un des meilleurs restaurants de Arequipa. 

défilés de danses et musiques péruviennes

Au rythme d’une musique enjouée, les défilés de danses sont fréquents au Pérou. C’est par hasard que nous avons pu assister début septembre à ces magnifiques danses qui donnent à la ville un air de fête permanent.

Quelques références littéraires

Flora Tristan femme de lettres, militante féministe, Flora Tristan fut une grande figure du débat social dans les années 1840. Elle participa aux premiers pas de l’internationalisme. D’origine péruvienne par son père, elle embarque le 7 avril 1833 pour le Pérou. Partie de Bordeaux, elle arrive d’abord au Cap vert, passe par le cap Horn, accoste à Valparaiso et arrive enfin à  Aréquipa où réside une partie de sa famille. Elle tirera de ce voyage et de son passage dans la cité blanche ce livre de voyage : « pérégrination d’une paria ».

 

 

A la fin de 1530, Francisco Pizzaro entreprend la conquête du Pérou avec cent quatre-vingts soldats et une trentaine de chevaux. Son cousin Pedro Pizzaro alors âgé de 15 ans est du voyage. Il participera aux nombreuses aventures guerrières et cruelles des conquistadores.  En 1571, Pedro Pizzaro vit à Arequipa et rédige le récit de la découverte et de la conquête des royaumes du Pérou. A Cuzco, la capitale Inca, se célèbre le culte du Soleil. Prêtres et vierges participent à des cérémonies sacrificielles. Plus encore, les Espagnols découvrent éblouis, les richesses accumulées par les Incas et l’or en abondance.
Le chroniqueur, s’émerveille “des langoustes d’or pareilles à celles que produit la mer” et d’autres animaux : oiseaux, couleuvres, araignées, lézards sculptés dans l’or brut.
De toutes les chroniques consacrées au Pérou par les conquistadores eux-mêmes, celle de Pedro Pizarro couvre la période la plus longue. Son Récit de la découverte et de la conquête des royaumes du Pérou concerne en effet les évènements survenus entre 1529 et 1554, et insiste abondamment sur les grandes prouesses et la noble figure de son cousin Francisco Pizarro (assassiné en 1541).

Vargas LLosa est né à Aréquipa en 1936. Auteur de romans et d’essais politiques, il obtient le prix nobel de Littérature en 2010. Il publie en 2003,  un roman « le paradis un peu plus loin » qui raconte l’histoire de la célèbre féministe franco-péruvienne Flora Tristan et de son petit-fils, le peintre Paul Gauguin, qu’elle n’a jamais connu. Dans le récit, Flora Tristan et Paul Gauguin deviennent respectivement Florita l’Andalouse et Koké le Maori. Au fil du roman, on se rend compte que les deux personnages sont très similaires et aspirent tous deux à une forme de paradis, qu’ils n’atteindront pas.

Pour aller plus loin sur l’histoire du Pérou, sa culture, ses villes, sa géographie… on pourra très utilement consulter le site “Mon Pérou” parfaitement documenté et précis en cliquant ici

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