KEP, une petite ville cambodgienne en plein essor

KEP, une petite ville cambodgienne en plein essor

Kep

bord de plage à Kep
sur les quais de Kep
pêche aux crabes

Des marchands ambulants de fruits et légumes, des touristes allongés dans un hamac fixé entre deux palmiers, des barques de pêcheurs peintes en vert attachées au rivage, des dames coiffés d’un chapeau de tissu aux larges bords, les femmes trainant derrière elles un panier pour attraper des crabes et aussi un marché grouillant de monde …

C’est avec ce kaléidoscope d’images et d’impressions que j’ai passé quelques jours à Kep, la ville des crabes.

le crabe de Kep

Petite ville de 15000 habitants au sud du Cambodge, Kep a le charme discret d’un endroit paisible au bord de la mer de Chine, dans le golfe de Thaïlande. Ici, on est à quelques kilomètres seulement du Vietnam (Ha Tien). C’est parce que ce petit coin du Cambodge leur rappelait tellement la Côte d’Azur, qu’à l’époque de la colonisation, des français choisirent de s’y installer. Nous sommes en 1908 dans un Cambodge sous protectorat français. La beauté du lieu attire de nombreux colons. l’endroit devient rapidement une station balnéaire renommée : il s’appellera Kep sur mer. De nombreuses et luxueuses bâtisses sont alors édifiées.

Après leur départ en 1954, le prince Norodom Sihanouk se lance à son tour dans de grandes opérations d’aménagement et de constructions et y fait bâtir sa propre demeure. Son projet ?  faire de Kep le Saint Tropez asiatique où l’élite cambodgienne viendrait passer ses vacances. Petit à petit la ville s’épanouit. Et puis, en 1975 les khmers rouges s’en emparent. Ils détruiront la plupart des constructions passées, symboles à leurs yeux de la décadence bourgeoise. Il en reste quelques vestiges disséminés au bord de la côte, dans la jungle toute proche. Dans ces décombres vivent encore quelques familles.

Pour autant, après leur départ définitif dans les années 90, la ville reprend vie, des hôtels sont construits. Le tourisme se développe…

les marches du temple à Kep
temple dans la jungle de Kep

C’est la deuxième fois que je vais au Cambodge, c’est la deuxième (et sans doute pas la dernière fois) que je passe quelques jours à Kep. A l’écart de l’agitation de Phnom Penh, une douce et chaude ambiance vous enveloppe.

En dépit de la chaleur, marcher sous couvert des arbres dans la zone montagneuse qui domine la ville offre un superbe panorama sur le littoral et les îles alentour. Prendre l’apéro en bord de mer pour assister à un superbe coucher de soleil procure la sensation singulière d’une douceur infinie, passer la  soirée dans un des nombreux petits restaurants jouxtant le marché aux crabes pour y déguster un succulent plat de crabes cuisiné au poivre de Kampot et accompagné de riz blanc, c’est goûter le lieu avec une délectation très épicurienne..

crabe de kep au poivre de Kampot
assiette de crabes grillées  au poivre de kampot
les crabes de Kep
barque de pêcheurs à Kep
pêche en barque à Kep

Comme l’indique la sculpture à l’entrée de la ville, c’est le Crabe qui fait aussi sa renommée. Pour s’en convaincre, il faut aller aux environs de midi au marché aux crabes. C’est là que sur les quais en bois se retrouvent les marchandes de crabes et de poissons. De cet endroit on aperçoit des dames marchant d’un pas lent dans l’eau. Elles tirent leur panier pour récupérer des crabes qu’elles viendront vider dans de grosses caisses disposées sur les quais. Les vendre, les cuire, les déguster, tout un dispositif à été conçu autour du délicieux crustacé.

Sur le marché juste à côté, des cuisinières font griller les produits de la mer tout juste sortis de l’eau.  On s’assoit au comptoir d’une des échoppes, on ferme les yeux et on pique au hasard au bout de la fourchette une crevette, un bout de seiche, un morceau de poisson ou de crabe et c’est une explosion de saveurs en bouche : un régal ! Véritable centre vivant de la ville, le lieu offre le spectacle permanent d’une vie de labeur organisée autour de la pêche et du crabe.

découvrir le Sénégal avec quelques romans sénégalais

Des romans sénégalais pour mieux comprendre le Sénégal

la littérature sénégalaise

Et si, pour mieux comprendre le Sénégal dans ses particularités, sa diversité on allait d’abord voir du côté de la littérature sénégalaise. Elle est une des plus riches d’Afrique. Nombre d’écrivaines et d’écrivains sénégalais ont su avec talent présenter de façon très juste, et très sensible, la vie quotidienne de ce pays de l’ouest africain. En les lisant, c’est la vie et la réalité d’un peuple que l’on découvre, ce sont des valeurs et des cultures profondément ancrées dans la vie sociale auxquelles on accède. Mieux, à travers les subjectivités singulières mises en scène par l’écrivain, ce sont des réflexions universelles qui s’expriment, un humanisme qui s’affirme : une véritable leçon de vie pour tout un chacun et spécialement pour les visiteurs étrangers soucieux de comprendre la réalité sénégalaise !  Lire des auteurs sénégalais, c’est assurément une manière d’enrichir notre vision du monde pour en finir avec  les clichés rapides qu’on nous refile ! A l’horizon de ces lectures, il y a la possibilité de découvrir dans la profondeur du pays, une âme !

l'écharpe des jumelles

l’écharpe des jumelles

Résumé

Le 26 septembre 2002, le naufrage du Joola fait plus de 1953 morts. Parmi les victimes figure Awa Baldé, une jeune fille peulh. Awa, après avoir sacrifié son honneur pour sauver sa soeur jumelle Adama Baldé d’un scandale familial, fuyait les siens, son village et sa communauté. Réfugiée chez des bienfaiteurs à Ziguinchor, son tragique destin la rattrape et la contraint à prendre le bateau pour Dakar afin de mettre à l’abri son fils. L’histoire d’Awa et d’Adama Baldé reflète la condition féminine et le statut des jeunes filles dans les sociétés africaines. Ce roman met en perspective les comportements insidieux qui perpétuent des traditions rétrogrades, comme le mariage forcé et/ou précoce, les violences faites aux femmes et d’autres pratiques socioculturelles dégradantes.

L’empire du mensonge

Résumé

Au Sénégal, trois familles modestes partagent une cour. Cet espace commun est un petit paradis où ils se retrouvent pour cuisiner, pour dîner, parler, évoquer des souvenirs, pour grandir ensemble. Puis vient le temps où la misère frappe ces familles comme la foudre et chacun de s’éloigner pour survivre. Il faudra que leurs enfants, bien plus tard, se retrouvent pour que soit recréé l’Eden miraculeux de la cour, lieu éternel d’espoir.
Par cette histoire, l’immense romancière sénégalaise Aminata Sow Fall désigne à toute une jeunesse la voie à suivre, les valeurs à défendre pour tracer un nouvel espoir africain.

les bouts de bois de Dieu

Les bouts de bois de Dieu

Résumé
En 1947, les cheminots africains engagèrent une lutte, de Dakar à Koulikoro, afin d’obtenir les mêmes droits que les cheminots français. Cette lutte dura 5 mois, et, progressivement, toute la population africaine s’y impliqua. La direction des chemins de fer et l’administration coloniale répondirent très durement à cette grève, engageant un bras-de-fer intraitable. Malgré les difficultés, la répression et la faim, les africains, mêmes illettrés pour beaucoup, même soumis à la religion et aux coutumes, trouvèrent en eux-mêmes la force de faire plier l’autorité coloniale. D’économique, puis politique, cette lutte fut aussi celle de la dignité retrouvée. C’est finalement la marche des femmes, de Thiès à Dakar, qui leur permettra de gagner la partie. Sembene Ousmane relate donc ici le récit d’une prise de conscience collective, une grande expérience, enrichissante et profondément humaine.
Roman sénégalais Xala

Xala

Résumé

El Hadki Abdou Kader Beye, homme d’affaires sénégalais quinquagénaire, prend une troisième épouse, signe de réussite sociale et économique. Une grande fête est organisée pour le mariage où se retrouve toute la bourgeoisie locale ainsi que les deux premières épouses. Le soir, impossible de consommer son union : il est frappé d’impuissance. Il se croit victime d’une malédiction, le xala, que lui a lancé un paysan qu’il a dépossédé.

le ventre de l'Atlantique

Le ventre de l’Atlantique

Résumé

Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l’y rejoindre. Mais comment lui expliquer la face cachée de l’immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient un destin tragique ?

Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l’inconfortable situation des « venus de France », écrasés par des attentes démesurées de ceux qui sont restés au pays, et confrontés à la difficulté d’être l’autre partout ?

Distillant leurre et espoir, ce premier roman, sans concession, est servi par une écriture pleine de souffle et d’humour.

Impossible de grandir

Impossible de grandir

Résumé

Salie est invitée à dîner chez des amis. Une invitation apparemment anodine mais qui la plonge dans la plus grande angoisse. Pourquoi est-ce si « impossible » pour elle d’aller chez les autres, de répondre aux questions sur sa vie, sur ses parents ? Pour le savoir, Salie doit affronter ses souvenirs. Poussée par la Petite, son double enfant, elle entreprend un voyage intérieur, revisite son passé : la vie à Niodior, les grands-parents maternels, tuteurs tant aimés, mais aussi la difficulté d’être une enfant dite illégitime, le combat pour tenir debout face au jugement des autres et l’impossibilité de faire confiance aux adultes. À partir de souvenirs personnels, intimes, Fatou Diome nous raconte, tantôt avec rage, tantôt avec douceur et humour, l’histoire d’une enfant qui a grandi trop vite et peine à s’ajuster au monde des adultes. Mais n’est-ce pas en apprivoisant ses vieux démons qu’on s’en libère ? « Oser se retourner et faire face aux loups », c’est dompter l’enfance, enfin.

roman nouvelles du senegal

Nouvelles du Sénégal

Résumé

L’histoire du Sénégal, ou en tout cas de cette partie de l’Afrique de l’Ouest, ne commence pas avec les Indépendances : sa préhistoire, la longue et riche histoire de ses royaumes, sont en grande partie dans le précieux patrimoine que constituent ses langues et leur mémoire que sont le diola, le malinké, le pular, le peul, le sérère, le soninké ou le wolof. Le français s’est imposé comme langue nationale après deux siècles de colonisation. C’est la langue de la plupart des écrivains sénégalais aujourd’hui, même si certains, tel Boubacar Boris Diop, ont aussi écrit en wolof. Outre l’importance de Léopold Sédar Senghor, de Cheikh Hamidou Kane ou de Sembene Ousmane, une autre spécificité de la littérature sénégalaise est la place qu’y occupent les femmes : Mariama Bâ, Aminata Sow Fall, Fatou Diome, Ken Bugul, Khadi Hane, Nafissatou Dia Diouf. Francophone et féminine, telle se présente la littérature sénégalaise, consciente de son passé, attachée à des traditions multiséculaires, mais aussi moderne, ouverte sur le monde, sur le reste de l’Afrique, sur le monde arabe et sur l’Europe, tout en nouant de subtils liens avec les Amériques du Nord et du Sud où vivent tant de descendants du commerce triangulaire.

la nuit est tombée sur Dakar

La nuit est tombée sur Dakar

Résumé

Comment se faire sa place au soleil quand on est une jeune villageoise sénégalaise de 17 ans, qu’on rêve de réaliser les recettes des fiches cuisine de Marie-Claire et qu’on n’a aucune envie de se résigner à son sort de future femme mariée et mère dévouée ? Dior a la solution : trouver un amant blanc (dont on espère qu’il convolera aux noces et surtout, surtout, qu’il s’envole avec vous vers les cieux parisiens). Attelée à réaliser son plan, Dior convainc son amie de la suivre sur le chemin de Dakar, à la recherche du rêve dont on devine déjà qu’il tournera au cauchemar. La trajectoire des deux jeunes filles permettra à l’auteur de mettre la lumière sur une prostitution qui ne dit pas son nom, sur les nuits dakaroises où les jeunes demoiselles promues au titre de  » ma chérie  » et de  » mon bébé  » se promènent au bras de vieux Blancs. Elles en devinent l’issue mais ne s’attendent pas à sa brutalité. Le lecteur non plus, quelque peu surpris par cette fin qui semble arriver trop vite, trop prévisible, peut-être. On aurait espéré que le ton décapant de cette jeune auteur sénégalaise, qui se plaît à faire voler en éclats les clichés de la vie paisible au village, aurait tenu plus longtemps.

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